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Éditions LIBERLOG 
Éditeur n° 978-2-9531251 


Discours de Franklin Delano ROOSEVELT 
ISBN 9791092732153 



Discours de Franklin Delano ROOSEVELT 
Et un peu plus... 


Politique 


Discours originaux 
Dans le domaine public 


Traductions de Jean-Gabriel Mahéo 
En Licence Creative Common by 



Table des matières 

Campagne présidentielle de 1932 4 
27 juin 1932, Chicago, Illinois 5 

Convention Nationale Démocrate, Chicago, 27 juin 1932 18 

Allen Nevins Chicago, Illinois, le 2 Juillet 1932 21 

Discours d'investiture, 4 mars 1933 49 

Discussions au coin du feu 63 

sur l'activité bancaire 64 

Franklin Delano Roosevelt, 12 mars 1933 76 

Sur le New Deal 87 

Franklin Delano Roosevelt ,7 mai 1933 106 
En anglais 106 

Le Plan de Redressement 123 

Franklin Delano Roosevelt, 24 juillet 1933 142 

En anglais 142 

Contre les holdings 159 

Discours de Roosevelt 166 





27 juin 1932. Chicago. Illinois 


Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 
En ces temps de détresse économique et sociale, le parti démocrate affirme 
sa conviction que les causes principales de cette situation furent les politiques 
désastreuses, poursuivies par nos gouvernements depuis la Guerre Mondiale, 
d’isolation économique, de soutien à la fusion de sociétés concurrentielles dans 
des monopoles et d’encouragement à l’indéfendable expansion et contraction du 
crédit au profit d’intérêts privés, au dépend du public. 

Ceux qui furent responsables de ces politiques ont abandonné les idéaux 
pour lesquels fut gagnée la guerre et ont gâché les fruits de la victoire, rejetant 
ainsi la plus grande opportunité historique d’apporter la paix, la prospérité et le 
bonheur à notre peuple et au monde. 



Ils ont miné notre commerce international, détruit les valeurs de nos denrées et 
de nos produits, paralysé notre système bancaire, volés à des millions de nos 
citoyens leurs épargnes, et privés des milliers d’autres encore de travail, produit 
ainsi une immense pauvreté et poussé le gouvernement dans une situation de 
détresse financière sans précédente en temps de paix. 

Le seul espoir d’améliorer les conditions présentes, de relancer l’emploi, 
d’offrir un secours durable à la population, et de remettre la nation dans le fier 
état de bonheur domestique et de prépondérance financière, industrielle, agricole 
et commerciale mondiale, se trouve dans un changement drastique des politiques 
économiques gouvernementales. 

Nous croyons qu’une plate-forme partisane est un engagement avec le 
peuple afin d’avoir [sic], fidèlement respectée par le parti lorsqu’investit du 
pouvoir, et que le peuple a le droit de connaître en langage clair les termes du 
contrat auquel il lui est demandé de souscrire. Nous déclarons que le document 
ci-après constitue la plate-forme du parti démocrate : 



Le parti démocrate promet solennellement de mettre en œuvre par des 
actions appropriées les principes, politiques et réformes ci-dessous préconisées, 
et d’éradiquer les politiques, méthodes et pratiques ci-dessous condamnées. 

Nous recommandons une réduction drastique et immédiate des dépenses 
gouvernementales par la dissolution des services et commissions inutiles, le 
regroupement des ministères et des agences, et l’élimination des prodigalités afin 
d’obtenir l’économie de plus de vingt-cinq pour cent du coût de fonctionnement 
du gouvernement fédéral. Et nous appelons le parti démocrate dans les états à 
produire avec zèle l’effort nécessaire à l’obtention d’un résultat proportionné. 

Nous sommes favorables au maintien du crédit national par le moyen d’un 
budget fédéral annuellement équilibré sur la base d’estimations exécutives 
précises des recettes fiscales, levées par un système de taxation appuyé sur le 
principe de la capacité à payer. 



Nous préconisons une monnaie solide, protégée contre tout danger, et une 
conférence monétaire internationale convoquée à l’initiative de notre 
gouvernement afin d’examiner la réhabilitation de l’argent et d’autres questions 
s’y rapportant. 

Nous recommandons des tarifs douaniers compétitifs, dont les recettes 
seront versées au Trésor, accompagnés d’une commission d’enquête douanière 
indépendante des interférences de l’exécutif, des accords douaniers réciproques 
avec les autres nations, et une conférence économique internationale dont le but 
sera de rétablir le commerce international et de faciliter les échanges. 

Nous recommandons l’extension du crédit fédéral aux états afin de fournir 
du secours aux chômeurs partout où les ressources en diminution des états les 
rendent incapables de porter secours aux nécessiteux ; 



Nous recommandons l’extension du programme fédéral de constructions utiles 
et nécessaires réalisée [sic] dans l’intérêt du public, tels que des systèmes de 
contrôle des inondations et des voies navigables. 

Nous recommandons la distribution de l’emploi par la réduction des heures 
travaillées et le soutien à la réduction de la durée de travail hebdomadaire, en 
commençant par appliquer ce principe aux services gouvernementaux ; 

Nous recommandons la planification prévisionnelle des travaux publics. 

Nous recommandons la mise en place d’assurances chômages et 
d’assurances retraites sous l’autorité des états. 

Nous sommes pour le redressement de l’agriculture et de l’industrie 
fondamentale de la nation ; 



Pour de meilleurs financements des hypothèques agricoles par des agences 
bancaires accréditées, à bas taux d’intérêt et suivant un plan d’amortissement, en 
privilégiant le rachat des fermes et des maisons vendues après saisie ; 

Pour l’extension et le développement du mouvement coopératif agricole et 
des contrôles efficaces contre les surplus de récoltes, de manière à ce que nos 
agriculteurs puissent tirer des bénéfices décents du marché domestique ; 

Pour la mise en œuvre de toutes les mesures constitutionnelles à même de 
soutenir les agriculteurs de sorte qu’ils reçoivent pour les denrées de première 
nécessité des prix supérieurs aux coûts de production. 

Nous recommandons une armée et une marine adaptée à la défense 
nationale, sur la base d’un examen de tous les faits concernant les structures 
existantes, afin que le peuple en temps de paix ne se trouve pas écrasé par une 
dépense qui approche rapidement le milliard de dollars annuellement. 



Nous recommandons le renforcement et l’application impartiale des lois 
anti-trusts, afin de prévenir l’apparition de monopoles et de pratiques 
commerciales abusives, et la révision de celles-ci en vue d’une meilleure 
protection du travail et des petits producteurs et distributeurs ; 

La conservation, le développement et l’utilisation de la puissance 
hydraulique nationale dans l’intérêt public ; 

Le retrait du gouvernement de tous les périmètres de l’entreprise privée, à 
l’exception de ceux où il est nécessaire pour le développement des travaux 
publics et des ressources naturelles dans l’intérêt général. 

Nous recommandons la protection des petits investisseurs en requérant que 
toutes les offres d’actions et d’obligations domestiques et étrangères soient 
déclarées au gouvernement et présentent dans leurs publicités les véritables 
informations concernant les bonus, commissions, le principal investi et les 
intérêts du vendeur ; 

La régulation par la puissance fédérale dans son intégralité : 



a) des compagnies holding qui vendent des titres dans le commerce inter-état 

y 

b) des tarifs des sociétés en charge de services publics qui opèrent sur 
plusieurs états ; 

c) du commerce de titres et de denrées ; 

Nous préconisons des méthodes plus rapides de réalisation d’actifs en vue 
d’aider les déposants de banques temporairement fermées, et une supervision 
plus stricte des banques nationales afin de protéger les déposants et de 
d’empêcher que leur argent soit utilisé pour spéculer, au détriment du crédit local 

y 

La séparation d’avec les banques commerciales de leurs sociétés de 
courtage, et le divorce de celles-ci d’avec les banques d’investissements, et des 
restrictions supplémentaires envers les banques de réserve fédérale contre 
l’usage des mécanismes de la réserve fédérale dans des buts spéculatifs. 

Nous recommandons l’entière justice et générosité envers tous nos anciens 
combattants qui ont souffert de handicaps ou de maladies résultants du service 
effectué en temps de guerre, ainsi que pour ceux qui leur sont à charge. 



Nous préconisons une politique étrangère ferme, incluant le désir de paix 
envers le monde entier et le règlement des désaccords internationaux par 
l’arbitrage ; 

La non-interférence dans les affaires des autres nations ; 

Le respect sacré des traités et le maintien de la bonne foi et de la bonne 
volonté dans les obligations financières ; 

L’adhésion à la Cour internationale avec les réserves nécessaires ; 

Le Pacte de Paris abolissant l’usage de la guerre comme outil de politique 
nationale, qui sera mis en place grâce à des dispositions organisant consultations 
et conférences en cas de menaces de violation de traité ; 

Des accords internationaux pour la réduction des armements et pour la 
coopération avec les nations de l’hémisphère occidental en vue de maintenir 
l’esprit de la doctrine Monroe ; 



Nous nous opposons à l’annulation des dettes dues aux Etats-Unis par les 
nations étrangères ; 

Nous recommandons l’indépendance pour les Philippines, et le statut final 
d’état pour Porto-Rico ; 

L’emploi de citoyens américains pour les opérations du Canal de Panama ; 

Nous préconisons la simplification des procédures légales et la 
réorganisation du système judiciaire afin d’obtenir des jugements rapides, sûrs et 
à moindre coût. 

Nous recommandons la publication permanente des contributions et des 
dépenses politiques ; le renforcement de la loi sur les pratiques de corruption, et 
de sévères pénalités contre le détournement des fonds de campagne électorale. 

Nous réclamons l’abrogation du dix-huitième amendement. Pour sa 
réalisation, nous demandons que le Congrès propose immédiatement un 
amendement constitutionnel afin de représenter véritablement [sic] les 
conventions dans les états appelés à agir exclusivement sur cette proposition ; 



Nous appelons instamment à la mise en œuvre de telles mesures par tous les 
états en ce qu’elles promeuvent la tempérance, empêchent efficacement la 
réouverture des tripots, et mettent en lumière le trafic d’alcool et le soumettent à 
la supervision et au contrôle complet des états. 

Nous exigeons que le gouvernement fédéral exerce réellement son pouvoir 
pour permettre aux états d’être capables de se protéger contre les importations 
d’alcools toxiques en violation de leurs lois. 

Dans l’attente de cette abrogation, nous souhaitons la modification 
immédiate de la loi Volstead, afin de légaliser la fabrication et la vente de bière 
et autres boissons alcoolisées autorisée par la Constitution et de permettre d’en 
retirer un revenu décent et très nécessaire. 

Nous condamnons l’usage excessif et inapproprié de l’argent dans les 
activités politiques. 



Nous condamnons les lobbies rémunérés par des intérêts particuliers afin 
d’influencer des membres du congrès et autres serviteurs publics par contacts 
personnels. 

Nous condamnons les actes et déclarations d’officiels publics de haut rang 
visant à influer sur les cours de bourse. 

Nous condamnons la résistance active ou passive d’officiers administratifs 
contre tous les efforts fait par les commissions du Congrès de réduire les 
dépenses inconsidérées du gouvernement et de révoquer les généreuses 
subventions aux intérêts favorisés. 

Nous condamnons l’extravagance du bureau de l’agriculture, son action 
désastreuse qui a fait du gouvernement un spéculateur en produits agricoles, et la 
mauvaise politique consistant à adapter la production agricole à la demande des 
marchés domestiques. 



Nous condamnons l’abus de pouvoir du département d’état, qui s’est 
chargé de transmettre des titres étrangers offerts par des banquiers 
internationaux, en conséquence de quoi des milliards de dollars en obligations 
douteuses ont été vendues au grand public en faisant croire à une garantie du 
gouvernement fédéral. 

Et en conclusion, pour accomplir ces projets et pour reconquérir la liberté 
économique, nous appelions à fournir leurs aux meilleurs efforts les délégués de 
ce grand parti, dont le fondateur énonça la doctrine qui nous guide aujourd’hui à 
l’heure de la nécessité pour notre pays : 

Droits égaux pour tous ; privilèges spéciaux pour aucun. 



Convention Nationale Démocrate. Chicago. 27 juin 1932 


Discours de la Nouvelle Donne (New Deal Speech) 

Devant la Convention Nationale Démocrate, 1932 
Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

Franklin Delano Roosevelt 

Traduit à partir du texte en anglais tiré de Touvrage Nothing To Fear, The 
Selected Addresses of Franklin D. Roosevelt 1932 1945, Popular Library, New- 
York, 1946, avec une préfacé de Harry Hopkins, introductions de Allen Nevins. 

« Je vous promets, je m’y engage, à une nouvelle donne pour le peuple 
américain. » 



Malgré les recherches acharnées de nos optimistes professionnels, il ne se 
trouvait nul point lumineux dans notre économie nationale durant les noires 
années qui débutèrent avec la panique de Wall-Street d’Octobre 1929. 
L’administration Hoover expliqua que le déséquilibre mineur du système 
économique était un phénomène naturel, que la structures des affaires était 
fondamentalement saine, et que tout retournerait bientôt à la normale. 

Les attentes d’un redémarrage, cependant, ne furent pas satisfaites. La 
garantie que « la reprise était au coin de la rue » perdit graduellement de son 
charme. Treize millions de salariés étaient sans emploi, alors que le contenu des 
enveloppes de paye de ceux qui travaillent encore reflétait la « déflation salutaire 
» que les chefs de l’Administration considéraient nécessaire au retour de la 
prospérité. 

La déflation n’apporta pas le redémarrage tant espéré, et la nation plongea 
encore plus profondément dans la dépression. Les prix agricoles avaient plongé à 
leur plus bas niveaux depuis 60 ans, les transports ferroviaires étaient dans une 
situation financière désespérée, les saisies de fermes et de maisons étaient 
générales. La peur s’empara du peuple, les fondations de la structure 
économique semblant se désintégrer. 



C’est dans cette atmosphère saturée de peur qu’arriva la personnalité 
rassurante et magnétique de Franklin Delano Roosevelt, gouverneur de New- 
York. Aux délégués de la Convention Nationale Démocrate de 1932 qui 
l’acclamait, il souligna que l’urgence grave exigeait des plans qui « construisent 
à partir de la base et non du sommet, qui mettent leur confiance une fois de plus 
dans l’homme oublié, tout en bas de la pyramide économique. » 

M. Roosevelt ébranla une vieille tradition selon laquelle un candidat 
présidentiel dût attendre, en affichant une ostensible ignorance du choix du parti, 
la notification officielle de sa désignation. Il prit l’avion d’Albany jusqu’à 
Chicago pour donner son discours d’acceptation, alors que la Convention était 
encore en session, et assura à son audience que la rupture des traditions ne faisait 
que commencer. Travail et sécurité furent promis, et une « nouvelle donne » 
pour le peuple américain devint synonyme de son Administration. 




Allen Nevins Chicago. Illinois, le 2 Juillet 1932 


Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

J’ai de l’estime pour votre volonté, après ces six jours ardus, de demeurer 
ici, sachant bien les heures sans sommeil que vous et moi venons de traverser. Je 
regrette d’être en retard, mais je n’ai aucun contrôle envers les vents des cieux et 
ne peut qu’être reconnaissant envers mon entraînement de marin. 

L’apparition devant la Convention Nationale de son candidat à la 
présidence, afin d’y recevoir formellement notification de sa sélection, est sans 
précédent et inhabituel, mais sans précédents et inhabituels sont les temps. J’ai 
débuté les tâches qui nous attendent en brisant les traditions absurdes selon 
lesquelles un candidat devrait rester dans une ignorance affichée de l’événement 
pendant des semaines, jusqu’à ce qu’il en soit formellement notifié plusieurs 
semaines après. 



Mes amis, que ceci soit le symbole de mon intention d’être honnête et 
d’éviter toute hypocrisie ou imposture, d’éviter de détourner stupidement le 
regard de la vérité dans cette campagne. Vous m’avez nommé et je le sais, et je 
suis ici pour vous remercier de cet honneur. 

Qu’il soit aussi symbolique qu’en agissant ainsi, je romps les traditions. 
Qu’à partir de maintenant, rompre les traditions ridicules soit la tâche de notre 
parti. Nous les romprons et laisserons à la direction républicaine, bien plus 
qualifiée dans cet art, le soin de rompre les promesses. 

Résolvons-nous fermement, ici et maintenant, à faire reprendre au pays sa 
marche interrompue sur la voie du véritable progrès, de la véritable justice, de la 
véritable égalité pour tous les citoyens, modestes ou puissants. Notre invincible 
chef dans cette marche interrompue n’est plus avec nous, mais son esprit survit 
encore aujourd’hui. Plusieurs de ses capitaines, Dieu merci, sont encore avec 
nous pour nous donner de sages conseils. Soyons conscient que dans toutes nos 
actions vit encore, si ce n’est le corps, la grande et invincible, inextinguible, 
progressiste âme de notre Commandant-en-chef, Woodrow Wilson. 



Il y a de nombreux sujets sur lesquels je veux clarifier ma position le plus 
tôt possible dans cette campagne. Ce document admirable, la plate-forme que 
vous avez adoptée, est clair. Je l’accepte à cent pour cent. 

Et vous pouvez accepter ma promesse que je ne laisserai aucun doute ou 
ambiguïté concernant mes positions sur une quelconque question à n’importe 
quel moment de cette campagne. 

Alors que nous entrons dans cette nouvelle bataille, gardons toujours 
présent avec nous certains des idéaux du parti : le fait que la parti démocrate, par 
tradition et par la logique continue de l’histoire passée et présente, est le porteur 
du libéralisme, du progrès, et dans le même temps de la sûreté pour nos 
institutions. Et si cet appel n’est pas entendu, souvenez-vous bien, mes amis, que 
le ressentiment envers l’échec de la direction républicaine - et notez bien que 
dans cette campagne je n’utiliserai pas les mots « parti républicains » mais, tout 
le temps, les mots « direction républicaine » - l’échec de la direction 
républicaine à résoudre nos troubles peut dégénérer en un radicalisme 
irrationnel. 



Le grand phénomène social de cette dépression, contrairement aux 
précédentes, est qu’elle n’a provoqué que très peu de ces manifestations 
anarchiques qui trop souvent accompagnent de telles époques. 

Le radicalisme sauvage n’a fait que peu de convertis, et le plus grand 
hommage que je puisse rendre à mes concitoyens est qu’en ces jours d’écrasante 
misère persiste un esprit d’ordre et d’espoir chez les millions de notre peuple qui 
ont tant souffert. Échouer à leur offrir une nouvelle chance n’est pas seulement 
une trahison de leurs espoirs, mais plus encore une mécompréhension de leur 
patience. 



Opposer la réaction au danger de radicalisme n’est qu’inviter au désastre. 
La réaction n’est pas une barrière au radicalisme. Elle est un défi, une 
provocation. La manière de contrer ce danger est de présenter un programme 
réalisable de reconstruction, et le parti capable de l’offrir est celui qui a les mains 
propres. 

Ceci, et ceci seulement, constitue une protection correcte contre la réaction 
aveugle d’un côté, et un opportunisme irresponsable et improvisé tirant au 
hasard de l’autre. 

Il y a deux manières d’envisager les devoirs du gouvernement dans les 
affaires touchants à la vie économique et sociale. La première prend bien soin 
qu’une minorité favorisée soit aidée, espérant qu’une partie de leur prospérité se 
répande, percole, vers le travail, vers le fermier, vers le petit entrepreneur. Cette 
théorie appartient au parti du Toryisme, et j’aurais espéré que la plupart des 
Tories ait quitté le pays en 1776. 



Mais elle n’est pas et ne sera jamais la théorie du parti démocrate. Le 
temps n’est pas à la peur, à la réaction et à la timidité. Ici et maintenant j’invite 
les républicains de nom qui trouvent que leur conscience ne peut s’accommoder 
des tâtonnements et des échecs de leurs chefs de parti à prendre la main que nous 
leur tendons ; ici et maintenant, de la même manière, j’avertis ces démocrates de 
nom qui clignent des yeux face au futur en gardant leurs visages tournés vers le 
passé, et qui ne ressentent aucune responsabilité envers les exigences des 
nouveaux temps, qu’ils sont en décalage avec leur parti. 

Oui, le peuple de ce pays veut un vrai choix cette année, et non un choix 
entre deux noms pour la même doctrine réactionnaire. La nôtre doit être le parti 
de la pensée libérale, de l’action planifiée, des conceptions internationales 
éclairées, et du plus grand bien pour le plus grand nombre de nos citoyens. 



Pour autant, il est inévitable - et ce choix est celui de l’époque - il est 
inévitable que la principale question de cette campagne tourne clairement autour 
de notre condition économique, une dépression si profonde qu’elle est sans 
précédent dans l’histoire moderne. Il ne suffira pas de déclarer, comme le font 
les chefs républicains pour expliquer leurs promesses rompues et leur inaction 
continue, que la dépression est mondiale. Ce n’était pas leur explication pour 
l’apparente prospérité de 1928. Le peuple n’oubliera pas la revendication qu’ils 
firent alors, selon laquelle cette prospérité était exclusivement un produit 
domestique fabriqué par un président et un congrès républicain. S’ils réclament 
la paternité de l’un, ils ne peuvent la renier pour l’autre. 

Je ne peux traiter de tous les problèmes aujourd’hui. Je veux cependant en 
effleurer certains, vitaux. Regardons un petit peu l’histoire récente et quelques 
notions économiques simples, de celles que vous, moi et monsieur et madame 
tout-le-monde parlent. 

Dans les années précédant 1929, nous savons que notre pays accomplit un 
vaste cycle de construction et d’inflation ; durant dix années nous nous 
développâmes en nous appuyant sur la théorie de la réparation des dégâts de la 
guerre, mais nous nous développâmes en vérité bien au-delà de cela, et aussi au- 
delà de notre croissance naturelle et normale. Il est utile de se rappeler ici, et les 
chiffres froids de la finance le prouvent, que durant cette période il n’y eu que 
peu ou pas de baisse dans les prix que le consommateur avait à payer, bien que 
ces mêmes chiffres montrent que les coûts de production avait énormément 
chuté ; les profits des entreprises résultants de cette période furent énormes ; 
dans le même temps, peu de ces profits furent affectés à la réduction des prix. Le 
consommateur fut oublié. Très peu furent affectés aux augmentations de salaires. 
Le travailleur fut oublié. Et en aucune manière ne fut versée une adéquate 
proportion de ceux-ci sous forme de dividendes - l’actionnaire fut oublié. 



Et, incidemment, le généreux gouvernement de ces années n'en récolta 
qu'une minuscule proportion . 



Quel fut le résultat ? Les énormes surplus bénéficiaires s’empilèrent - les plus 
fantastiques de l’histoire. Et où, ensorcelés par une spéculation délirante, allèrent 
ces surplus ? Parlons un peu d’économie à partir de ce que montrent les chiffres 
et de ce que nous pouvons comprendre. Hé bien, ils allèrent principalement dans 
deux directions : la première, dans des usines nouvelles et inutiles que l’on voit 
aujourd’hui désolées et à l’arrêt ; et la seconde, dans le marché d’argent au jour 
le jour de Wall-Street, soit directement par les entreprises, soit indirectement par 
le biais des banques. Ce sont les faits. Pourquoi ne pas les reconnaître ? 

Puis vint le crash. Vous connaissez l’histoire. Les surplus investis dans les 
usines inutiles s’y figèrent. Les gens perdirent leurs emplois ; Le pouvoir d’achat 
s’assécha ; les banques s’effrayèrent et commencèrent à rappeler leurs prêts. 
Ceux qui avaient de l’argent avaient peur de s’en séparer. Le crédit se contracta. 
L’industrie stoppa. Le commerce déclina, et le chômage monta. 



Traduisez cela en termes humains. Regardez comment les événements de ces 
trois dernières années sont allés frapper des groupes spécifiques de gens ; 
premièrement, le groupe dépendant de l’industrie ; secondement, le groupe 
dépendant de l’agriculture ; troisièmement, composé en grandes partie de 
membres des deux premiers groupes, les gens que Ton appelle les « petits 
investisseurs et déposants ». En fait, le lien le plus solide entre les deux premiers 
groupes, l’agriculture et l’industrie, est que leurs épargnes et d’une certaine 
manière leurs actifs sont liés dans ce troisième groupe - qui constitue la structure 
du crédit de la nation. 

Jamais dans l’histoire n’ont été tant unis dans un seul problème 
économique les intérêts de tout le peuple. Représentez-vous, par exemple, les 
grands groupes de propriétés possédés par des millions de nos concitoyens, et 
représentés par les crédits émis sous formes d’obligations et d’hypothèques - 
obligations gouvernementales de tous genres, fédérales, d’état, de comtés, 
municipales ; obligations de compagnies industrielles, obligations 
d’infrastructures publiques ; hypothèques sur les biens immobiliers agricoles et 
urbains, et enfin les immenses investissements de la nation dans les chemins de 
fer. Comment mesurer la sûreté de chacun de ces groupes ? Nous savons bien 
que par l’interdépendance de notre structure de crédit compliquée, si l’un 
quelconque de ces groupes s’effondre, tous risquent de s’effondrer. Le péril de 
l’un est un péril pour tous. 



Comment, je vous le demande, la présente administration à Washington a- 
t-elle traité l’interdépendance de ces groupes ? La réponse est claire : elle a 
refusé de reconnaître l’existence même de celle-ci. Pourquoi, demande la nation, 
Washington n’a-t-elle pu réussir à comprendre que tous ces groupes, chacun 
d’eux, le sommet de la pyramide comme sa base, doivent être examiné 
ensemble, que chacun d’eux est dépendant de tous les autres, chacun d’eux ayant 
une influence sur la totalité de la structure financière ? 

L’art de gouverner et l’idéal, mes amis, exigent que tous soient secourus, 
ensemble et en même temps. 



Juste un mot ou deux sur les impôts, que nous versons pour couvrir les 
coûts des gouvernements de tous genres. 

Je m’y connais un peu en impôts. Pendant trois longues années j’ai sillonné 
ce pays, prêchant que les gouvernements - fédéraux, d’état ou locaux - coûtaient 
trop. Je ne cesserai pas ce prêche. En guise de programme d’action immédiat, 
nous devons abolir les fonctions inutiles. Nous devons éliminer les fonctions 
gouvernementales qui ne sont pas nécessaires - les fonctions qui, en réalité, ne 
sont pas absolument essentielles à la continuité du Gouvernement. Nous devons 
fusionner, réunir les subdivisions du Gouvernement, et, comme n’importe quel 
citoyen, renoncer aux luxes que nous ne pouvons plus nous payer. 

Par notre exemple même à Washington, nous aurons l’opportunité de 
montrer la voie de l’économie aux gouvernements locaux, car il faut bien se 
rappeler que sur chaque dollar d’impôt de n’importe lequel des états de la nation, 
quarante pour cent sont versés au Trésor à Washington D. C., dix ou douze pour 
cent seulement aux capitales d’état, et quarante-huit pour cent sont consumés par 
les coûts des gouvernements locaux des comtés, villes et villages. 



À vous et par vous, mes amis, je propose que les gouvernements de tous 
genres, grands comme petits, soient rétablis solvables et que l’exemple soit 
donné par le Président des Etats-Unis et son Cabinet. 

Puisque l’on parle de donner l’exemple, je tiens à féliciter cette convention 
pour avoir eu le courage d’écrire bravement dans sa déclaration de principes ce 
que l’immense majorité de ceux assemblés ici pense vraiment du Dix-huitième 
Amendement [NdT : la Prohibition]. Cette Convention veut son abrogation. 
Votre candidat veut son abrogation. Et je suis convaincu que les États-Unis 
d’Amérique veulent son abrogation. 

La plateforme sur laquelle j’ai mené pour la seconde fois campagne pour le 
poste de gouverneur, il y a deux ans, contenait en substance la même disposition. 
Le sentiment dominant de la population de mon état, qu’a montré le vote de cette 
année, est partagé, je le sais, par celles de nombreux autres états. Je vous le dis, à 
partir de ce jour, le Dix-huitième Amendement est condamné. Et lorsque cela 
arrivera, nous, démocrates, auront le devoir, à raison comme moralement, de 
rendre les états capables de se protéger contre l’importation de liqueurs 
alcoolisées lorsque de telles importations violent leurs lois d’états. Nous devons 
à raison et moralement empêcher le retour du tripot. 



Pour revenir au sujet aride de la finance, puisqu’elle lie tout ensemble - le 
Dix-huitième Amendement avait aussi quelque chose à voir avec la finance - en 
vue d’une planification complète de la reconstruction des grands groupes de 
crédit, y compris le crédit du Gouvernement, je remarque la place importante 
accordée à cette précieuse déclaration dans la plateforme ci-adoptée, appelant à 
ce que la lumière soit faite sur les problèmes des titres financiers, étrangers 
comme domestiques, qui sont offert à la vente aux investisseurs. 



Mes amis, vous et moi, citoyens de bon sens, savons qu’il serait salutaire de 
protéger les épargnes du pays contre la malhonnêteté d’escrocs et contre 
l’absence d’honneur de certaines personnes haut-placées de la finance. La 
publicité est l’ennemie de la malhonnêteté. 

Et maintenant, un mot sur le chômage, et incidemment sur l’agriculture. 
J’ai privilégié l’utilisation de certains types de travaux publics comme moyens 
d’urgence supplémentaire destiné à stimuler l’emploi, et l’émission d’obligations 
afin de les financer, mais j’ai souligné qu’aucun résultat économique ne peut être 
obtenu si nous nous contentons de construire pour construire, de construire sans 
un but nécessaire. De tels travaux, bien sûr, devraient autant que possible être 
rentables, si l’on compte les financer par des émissions d’obligations. Et pour 
diffuser tous ces projets le plus largement possible, nous devons agir clairement 
afin de réduire la durée de la journée et de la semaine de travail. 

Utilisons un peu de sens commun et de sens des affaires. Juste un exemple 
: nous savons qu’un moyen immédiat et très prometteur de secours pour les sans- 
emplois et l’agriculture proviendra d’un vaste plan de conversion des millions 
d’acres de terres pauvres et inutilisées en terrains forestiers exploitables, par 
reforestation. Rien qu’à l’est du fleuve Mississippi, il se trouve des dizaines de 
millions d’acres de fermes abandonnées, de terrains déboisés, qui se couvrent 
maintenant de broussailles sans valeurs. Savez-vous que chaque nation 
européenne a une politique d’aménagement territorial précise, et ce depuis 
plusieurs générations ? Nous n’en avons aucune. Par conséquent, nous risquons 
dans un futur proche l’érosion des sols et une pénurie de bois. Il est évident que 
la prévoyance économique et la création immédiate d’emplois marchent main 
dans la main lorsqu’il s’agit de répondre au besoin de reforestation de ces grands 
espaces. 



En mettant cela en œuvre, nous pouvons donner du travail à un million 
d’hommes. Voilà le genre de travaux publics rentables, et par conséquent 
finançables par l’émission d’obligations, sécurisées par le fait que la croissance 
de ces immenses cultures fourniront une assurance adéquate aux 
investissements. 



Oui, j’ai un programme très clair pour créer de l’emploi par ce moyen. Je 
l’ai mis en œuvre, et continue aujourd’hui, dans l’état de New-York. Je sais que 
le parti démocrate peut le mettre en œuvre avec succès dans la nation. Cela 
mettra les gens au travail, et c’est un exemple de ce que nous allons devoir 
entreprendre. 

Ensuite, en vue d’apporter une aide supplémentaire à l’agriculture, nous 
savons parfaitement bien - mais l’avons-nous manifesté et déclaré suffisamment 
clairement et explicitement ? - que nous devons immédiatement abroger les 
dispositions légales qui obligent le gouvernement à intervenir sur le marché afin 
d’acheter, de vendre et de spéculer sur les produits agricoles, tentant ainsi 
vainement d’en réduire les surplus. Et celles-ci sont le fait de gens qui parlent de 
tenir le gouvernement éloigné du monde des affaires ! La meilleure manière 
d’aider l’agriculteur est de trouver un arrangement qui, en plus de le soulager de 
charges ruineuses, agira en vue de réduire les surplus de denrées principales qui 
encombrent le marché. Notre cible doit être d’ajouter aux prix internationaux des 
principaux produits un tarif protecteur d’une valeur raisonnable, afin de donner à 
l’agriculture la même protection que celle dont bénéficie aujourd’hui l’industrie. 



Et en échange de cette augmentation immédiate de leur revenu, je suis 
convaincu que les agriculteurs de cette nation seront finalement d’accord avec 
une telle planification de leurs productions, qui permettra de réduire les surplus 
et de rendre obsolète pour les années à venir la dépendance envers les dumpings 
de ces surplus à l’étranger afin de soutenir les prix domestiques. Ce résultat a été 
obtenu dans d’autres nations ; pourquoi pas aussi en Amérique ? 

Les dirigeants et économistes agricoles, dans l’ensemble, reconnaissent 
qu’un plan basé sur ce principe est un premier pas souhaitable vers la 
reconstruction de l’agriculture. Il n’offre pas en lui-même un programme 
complet, mais il servira dans une grande mesure et à long terme à supprimer le 
risque d’un surplus sans être soumis constamment à la menace permanente d’un 
dumping mondial. Au final, la réduction volontaire des surplus fait partie de 
notre objectif, mais une longue persistance [de mauvaises pratiques - NdT.] et le 
fardeau présent des surplus existants rendent nécessaire la réparation des 
importants dégâts actuels par la mise en œuvre de mesures d’urgences 
immédiates. 



Un plan tel que celui-ci, mes amis, ne coûte pas un centimes au 
gouvernement, ni ne l’oblige à continuer d’intervenir dans les affaires ou la 
spéculation. 

Quant à la formulation effective d’une loi, je crois que le parti démocrate 
se tient prêt à être guidé par n’importe lequel des groupements agricoles que ces 
groupements mêmes auront désigné. Voilà un principe sain ; et j’appelle ici de 
nouveau à l’action. 

Un dernier mot sur l’agriculteur : je suis certain que chaque délégué de 
cette salle habitant en ville sait pourquoi je mets tant l’accent sur celui-ci. C’est 
parce que la moitié de notre population, plus de cinquante millions d’individus, 
dépendent de l’agriculture ; et, mes amis, si ces cinquante millions d’individus 
n’ont pas d’argent, pas de liquidités, pour acheter ce qui est produit dans les 
villes, celles-ci souffrent tout autant, si ce n’est plus, que la campagne. 



C’est pourquoi nous allons cette année faire comprendre aux électeurs que 
cette nation n’est pas seulement une nation d’indépendance, mais qu’elle est, si 
nous voulons survivre, destinée à être une nation d’interdépendance - villages et 
villes, Nord et Sud, Est et Ouest. C’est notre but, et ce but sera compris par les 
gens de ce pays, où qu’ils vivent. 

Oui, le pouvoir d’achat de la moitié de notre population, dépendante de 
l’agriculture, a disparu. Les hypothèques agricoles atteignent près de dix 
milliards de dollars aujourd’hui et la charge des intérêts sur ceux-ci seuls sont de 
cinq cents soixante millions par an. Mais ce n’est pas tout. Le fardeau des impôts 
causé par des gouvernements locaux inefficaces et dispendieux est un facteur 
additionnel. Cependant, notre préoccupation la plus immédiate doit être la 
réduction du poids des intérêts de ces hypothèques. 



Le réescompte des hypothèques agricoles dans le cadre de salutaires 
restrictions doit être étendu et devra, dans le futur, être conditionné à la réduction 
des taux d’intérêts. Les amortissements, les échéances devront de même dans 
cette crise être étalés avant que le réescompte ne soit autorisé, lorsque le débiteur 
hypothécaire est en grandes difficultés. Cela, mes amis, est un autre exemple 
d’un secours immédiat et réalisable : de l’action. 

Je vise à faire la même chose, et cela est faisable, pour le petit propriétaire 
de nos villes et villages. Nous pouvons alléger son fardeau et développer son 
pouvoir d’achat. Éloignez, mes amis, le spectre de taux d’intérêts trop élevés. 
Éloignez le spectre de la date d’échéance pour quelque temps. Sauvez les foyers 
; sauvez les foyers pour des milliers de familles respectables, et chassez le 
spectre de l’insécurité d’entre nous. 



De toutes les tonnes d’imprimés, de toutes les heures de déclamation, de 
récriminations, de défenses, de tous les plans bien inspirés de Washington et de 
tous les états, il émerge ce grand et simple fait, d’une pureté cristalline, que 
durant les dix dernières années une nation de cent-vingt millions d’individus a 
été menée par les dirigeants républicains à ériger sur ses frontières un 
inexpugnable enchevêtrement de fils barbelés par le moyen de 
l’instrumentalisation des politiques tarifaires, ce qui nous a isolé de tous les 
autres êtres humains du reste du monde. J’approuve l’admirable déclaration sur 
les tarifs de la plateforme de cette convention. Elle protégera l’entreprise et le 
travail américain. Par nos actions passées, nous avons invité et reçu les 
représailles des autres nations. Je leur propose une invitation à oublier le passé, à 
s’asseoir avec nous à la table, amicalement, et à préparer avec nous le 
rétablissement du commerce mondial. 

Allez chez l’entrepreneur. Il sait ce que les tarifs lui ont rapportés. Allez 
chez l’ouvrier. Il sait pourquoi les biens restent en stocks. Allez chez 
l’agriculteur. Il sait comment les tarifs ont participé à sa ruine. 



Nos yeux sont enfin ouverts. Enfin, le peuple américain est prêt à 
reconnaître que la direction républicaine avait tort et que la démocratie a raison. 

Mon programme, duquel je ne peux vous entretenir que de ces quelques 
points, est fondé sur ce simple principe moral : le bien-être et la sûreté d’une 
nation dépendent en premier de ce que la grande masse du peuple souhaite et 
nécessite ; et en second, de ce qu’elle l’obtient ou non. 

Que veux plus que tout le peuple américain ? je pense qu’il veux deux 
choses : du travail, avec toutes les valeurs morales et spirituelles qui 
l’accompagne ; et avec celui-ci, un niveau raisonnable de sécurité - de sécurité 
pour eux-mêmes, pour leurs femmes et enfants. Travail et sécurité sont bien plus 
que des mots, que des faits. Ce sont les valeurs spirituelles, le véritable but vers 
lequel nos efforts de reconstruction doivent nous diriger. Ce sont les valeurs que 
ce programme a l’intention de conquérir ; ce sont les valeurs que les dirigeants 
actuels n’ont pas pu accomplir. 



Nos dirigeants républicains nous disent que ce sont les lois économiques - 
sacrées, inviolables, inchangeables - qui causent les paniques que nul n’aurait pu 
prévoir. Mais pendant qu’ils jacassent sur ces lois économiques, hommes et 
femmes souffrent de la faim. Nous devons affirmer fermement que les lois 
économiques ne sont pas faites par la nature. Elles par les hommes. 

Oui, lorsque - et non si - lorsque nous en auront l’opportunité, le 
gouvernement fédéral fera preuve d’audace dans son mandat pour soulager la 
détresse. Pendant des années, Washington a balancé entre mettre sa tête dans le 
sable et déclarer qu’il n’y avait pas parmi nous tant d’indigents nécessitant 
nourriture et vêtement que ça, pour ensuite dire que c’était aux états de s’en 
occuper, s’il y en avait tant. Au lieu de mettre en oeuvre il y a deux et demi ce 
qu’ils essayent de faire aujourd’hui, ils n’ont eu de cesse que de le repousser au 
jour suivant, à la semaine suivante, au mois suivant, jusqu’à ce que la conscience 
de l’Amérique exige de l’action. 



Je dis que si la responsabilité première du secours reste du ressort des 
structures locales, depuis toujours, le gouvernement fédéral a cependant toujours 
eu et a encore la responsabilité permanente du bien-être public au sens large. Il 
remplira bientôt ce devoir. 

Et maintenant, encore quelques mots sur nos plans pour les quatre 
prochains mois. En venant ici plutôt qu’en attendant une notification formelle, 
j’ai clairement signifié que je crois que nous devrions éliminer les cérémonies 
dispendieuses et que nous devrions mettre en marche immédiatement, ce soir, 
mes amis, le mécanisme nécessaire à une présentation adéquates des 
problématiques à l’électorat de la nation. 

J’ai pour ma part d’importantes responsabilités en tant que gouverneur 
d’un grand état, responsabilités qui en ces temps sont plus ardues et plus graves 
que dans les périodes précédentes. J’ai malgré tout bon espoir que je serai 
capable de faire un certain nombre de courtes visites dans différents endroits de 
la nation. Mes voyages auront comme principal objectif l’étude sur le terrain, de 
la bouche des hommes et femmes de tous lieux et de tous métiers, des conditions 
réelles et des besoins de chaque partie interdépendante de notre pays. 



Un dernier mot : de chaque crise, chaque tribulation, chaque désastre, 
l’humanité émerge avec une part plus grande de connaissance, une plus haute 
dignité, une résolution plus pure. Aujourd’hui nous avons traversé une période 
de relâchement intellectuel, de morale décadente, une ère d’égoïsme, chez les 
hommes et femmes et entre les nations. N’accusez pas le seul gouvernement de 
cela. Accusons-nous à part égale. Soyons franc et reconnaissons cette vérité que 
nombreux sont parmi nous ceux qui ont fait serment d’allégeance à Mammon, 
que les profits de la spéculation, d’une vie facile sans labeur, nous ont détournés 
des anciennes barricades. Afin de revenir à des standards plus élevés, nous 
devons abandonner les faux prophètes et rechercher de nouveaux chefs choisis 
par nous. 



Jamais auparavant dans l’histoire américaine n’ont été, comme 
aujourd’hui, présentées avec un tel contraste les différences essentielles entre les 
deux principaux partis américains. Les dirigeants républicains n’ont pas 
seulement échoués dans les affaires matérielles, ils ont échoués dans l’idéal 
national, car dans le désastre ils n’ont offert aucun espoir, n’ont montré aucun 
chemin permettant au peuple de s’en sortir et de retrouver un peu de sécurité et 
de sûreté dans notre vie américaine. 

À travers la nation, hommes et femmes, oubliés par la philosophie 
politique du gouvernement des dernières années, lèvent les yeux vers nous tous 
ici pour être guidé et pour une opportunité plus équitable de participer à la 
distribution de la richesse nationale. 

Dans les fermes, dans les grandes régions métropolitaines, dans les petites 
villes et les villages, des millions de citoyens chérissent l’espoir que leur ancien 
niveau de vie et de spiritualité n’a pas disparu pour toujours. Ces millions de 
peuvent ni ne doivent espérer en vain. 



Je vous promets, je m’y engage, à une nouvelle donne pour le peuple 
américain. Nous tous ici assemblés, établissons-nous nous-mêmes prophètes 
d’un nouvel ordre de compétence et de courage. Ceci est plus qu’une campagne 
politique : c’est un appel aux armes. Donnez-moi votre aide, non pour seulement 
gagner des votes ; mais pour vaincre dans cette croisade pour rendre l’Amérique 
à son peuple. 

Franklin Delano Roosevelt, 
Chicago, Illinois, le 2 Juillet 1932 



D iscours d'investiture. 4 mars 1933 


Franklin Delano Roosevelt 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

Président Hoover, monsieur le président de la Cour Suprême, mes amis : 

Voici un jour de consécration nationale. Et je suis certain qu'en ce jour mes 
concitoyens américains attendent qu'à l'occasion de mon accession à la 
présidence, je m'adresse à eux avec la sincérité et la résolution qu'impose la 
situation présente de notre peuple. 

C'est par dessus tout le moment de dire la vérité, toute la vérité, 
franchement et courageusement. Nous ne pouvons faire l'économie de 
l'honnêteté face à la situation de notre pays aujourd'hui. Cette grande nation 
résistera, comme elle a résisté, se relèvera et prospérera. 



Donc, premièrement, permettez-moi d'affirmer ma ferme conviction que la 
seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même — 
l'indéfinissable, la déraisonnable, l'injustifiable terreur qui paralyse les efforts 
nécessaires pour convertir la déroute en marche en avant. Lors de chacune des 
noires heures de notre vie nationale, un franc et vigoureux commandement a 
rencontré cette compréhension et ce soutien du peuple même qui sont essentiels 
à la victoire. Et je suis convaincu que de nouveau vous lui donnerez votre 
soutien en ces jours critiques. 

C'est dans cet état d'esprit, de ma part et de la votre, que nous devons faire 
face à nos difficultés communes. Elles ne concernent, Dieu merci, que les choses 
matérielles. Les valeurs ont chuté à des niveaux fantastiques ; les taxes ont 
augmenté ; notre capacité à payer s'est effondrée ; partout les gouvernements 
font face à de sérieuses réductions de revenus ; les moyens d'échanges sont 
bloqués par le gel des courants commerciaux ; les feuilles mortes des entreprises 
industrielles jonchent partout le sol ; les fermiers ne trouvent plus de marchés 
pour leurs produits, et pour des milliers de familles l'épargne de plusieurs années 
s'est évaporée. Plus important, une foule de citoyens sans emploi se trouve 
confrontée au sinistre problème de sa survie, et à peu près autant triment pour un 
salaire misérable. 



Seul un optimiste idiot pourrait nier les sombres réalités du moment. 


Et pourtant notre détresse ne provient pas d'un manque de ressources. 
Nous n'avons pas été frappés par la plaie des sauterelles. En comparaison des 
périls que nos pères ont vaincus - car ils espéraient et n'avaient pas peur - il nous 
reste encore largement de quoi rendre grâce. La Nature nous offre toujours ses 
libéralités, et les efforts humains les ont multipliées. L'abondance est sur le pas 
de la porte, prête à être généreusement utilisée, mais sous les yeux même de 
cette offre la demande agonise. 

Essentiellement, tout cela vient du fait que les responsables des échanges 
des biens de l'humanité ont échoué, de par leur propre entêtement et leur propre 
incompétence, ont admis leur échec, et ont abdiqué. Les pratiques des usuriers 
sans scrupules se trouvent dénoncées devant le tribunal de l'opinion publique, 
rejetées aussi bien par les coeurs que par les âmes des hommes. 



A la vérité, ils ont essayé. Mais leurs efforts portaient l'empreinte d'une 
tradition périmée. Confrontés à l'effondrement du crédit, ils n'ont proposé que le 
prêt de plus d'argent. Dépouillés de l'appât du profit par lequel ils induisaient 
notre peuple à suivre leur fausse direction, ils en vinrent aux exhortations, 
plaidant la larme à l'oeil pour le retour de la confiance. Ils ne connaissent que les 
règles d'une génération d'égoïstes. Ils n'ont aucune vision, et sans vision le 
peuple meurt. 

Oui, les usuriers ont fui leurs hautes chaires du temple de notre 
civilisation. Nous pouvons maintenant rendre ce temple aux anciennes vérités. 
La mesure de cette restauration est l'ampleur avec laquelle nous appliquons des 
valeurs sociales plus nobles que le simple profit monétaire. 



Le bonheur ne se trouve pas dans la simple possession d'argent ; il se 
trouve dans la joie de l'accomplissement, dans l'excitation de l'effort créateur. La 
joie, stimulation morale du travail, ne doit plus être oubliée dans la folle course 
aux profits évanescents. Ces jours sombres, mes amis, vaudront tout ce qu'ils 
nous coûtent s'ils nous enseignent que notre véritable destinée n'est pas d'être 
secourus mais de nous secourir nous-mêmes, de secourir nos semblables. 

Reconnaître la fausseté de la richesse matérielle en tant qu'étalon du 
succès s'accompagne de l'abandon de la fausse idée selon laquelle les 
responsabilités publiques et les hautes positions politiques n'ont de valeur qu'en 
fonction de l'honneur et du profit personnel qu'on en tire ; et il doit être mis fin à 
ces conduites dans les banques et les affaires qui ont trop souvent données à une 
confiance sacrée l'apparence d'un méfait cynique et égoïste. Il n'est pas étonnant 
que la confiance dépérisse, car celle-ci ne prospère que sur l'honnêteté, sur 
l'honneur, sur le caractère sacré des engagements, sur la protection fidèle, et sur 
un comportement généreux ; sans tout cela elle ne peut vivre. 



La Restauration, cependant, ne se satisfera pas que de changements 
éthiques. Cette Nation demande de l'action, et de l'action maintenant. 

Notre première tâche, la plus importante, est de remettre les gens au 
travail. Ce n'est pas un problème insoluble si nous nous y attelons avec sagesse 
et courage. Cela peut être accompli en partie par un recrutement direct du 
gouvernement, en traitant le problème comme nous traiterions l'urgence d'une 
guerre, mais en accomplissant dans le même temps, grâce à ces emplois, les 
grands projets dont nous avons besoin pour stimuler et réorganiser l'utilisation de 
nos immenses ressources naturelles. 

Dans le même temps nous devons franchement admettre qu'il y a excès de 
population dans nos centres industriels et, par la mise en oeuvre d'une 
redistribution à l'échelle nationale, rechercher à obtenir un meilleur usage de la 
terre pour ceux qui y sont les plus aptes. 



Oui, la tâche peut être soutenue par des efforts précis en vue d'élever les 
valeurs des produits agricoles, et en conséquence le pouvoir d'acheter les 
productions de nos villes. Elle peut être soutenue en évitant avec réalisme la 
tragédie de la disparition croissante pour cause de saisie de nos modestes 
maisons et de nos fermes. Elle peut être soutenue en insistant pour que le 
gouvernement fédéral, les gouvernements d'états et locaux agissent sans délai en 
réponse à la demande de faire baisser drastiquement leurs coûts. Elle peut être 
soutenue par l'unification des activités de secours qui aujourd'hui sont souvent 
éparpillées, peu économiques et inégales. Elle peut être soutenue par une 
planification nationale et une supervision de toutes les formes de transports et de 
communications ainsi que d'autres équipements qui ont définitivement un 
caractère public. Il y de nombreuse manières de la soutenir, mais se contenter 
d'en parler n'en fera jamais partie. 



Nous devons agir. Nous devons agir vite. 

Et enfin, dans notre progression vers la reprise du travail, nous aurons 
besoin de deux protections contre le retour des maux de l'ordre ancien. Il devra y 
avoir un strict contrôle de toutes les activités bancaires, de crédits et 
d'investissements. Il devra être mis fin à la spéculation avec l'argent des autres, 
et des dispositions devront être prises en vue de rétablir une monnaie solide et 
disponible en quantité suffisante. 

Telles sont, mes amis, les lignes d'attaques. Je vais tout à l'heure 
recommander au nouveau Congrès en session spéciale, les mesures détaillées en 
vue de leurs réalisations, et je solliciterai l'assistance immédiate des quarante- 
huit états. 

Par ce programme d'action nous nous résolvons à mettre notre demeure 
nationale en ordre et à rendre notre balance commerciale excédentaire. Nos 
relations commerciales internationales, bien qu'extrêmement importantes, sont 
pour cause de temps et de nécessité, subalternes à l'établissement d'une 
économie nationale saine. Je préfère, comme politique concrète, d'abord traiter 
les choses primordiales. Je n'économiserai aucun effort pour rétablir le 
commerce mondial par des réajustements économiques internationaux ; mais 
l'urgence domestique ne peut patienter jusqu'à cette réalisation. 



La réflexion fondamentale qui guide ces moyens spécifiques de 
redressement national n'est pas nationalement — étroitement nationaliste. Elle 
est l'insistance, en première considération, sur l'interdépendance des divers 
éléments appartenant et composant les Etats-Unis d'Amérique — la 
reconnaissance de la vieille et éternellement importante manifestation de l'esprit 
américain du pionnier. C'est la voie du redressement. C'est la voie immédiate. 
C'est l'assurance la plus solide que ce redressement durera. 

Dans le domaine de la politique internationale, je consacrerai cette nation 
à la politique de bon voisinage : celle du voisin qui se respecte lui-même 
résolument, et par cela même respecte les droits des autres ; du voisin qui 
respecte ses obligations et respecte l'inviolabilité de ses accords dans et avec un 
monde de voisins. 



Si je lis correctement le caractère de notre peuple, nous comprenons 
aujourd'hui, plus que jamais, notre interdépendance les uns aux autres ; que nous 
ne devons pas nous contenter de prendre, mais que nous devons aussi donner ; 
que si nous avons décidé d'aller de l'avant, nous devons avancer comme une 
armée loyale et entraînée prête à se sacrifier pour le bien d'une discipline 
commune, car sans une telle discipline il n'est point de progrès, et aucune 
direction ne peut devenir efficace. 

Nous sommes, je le sais, prêts et disposés à soumettre nos vies et nos 
propriétés à une telle discipline, car elle rend possible une direction visant le plus 
grand bien. C'est cela que je propose de vous offrir, le serment que les plus 
grands desseins nous unirons, qu'ils nous unirons tous comme l'obligation sacrée 
et l'unité du devoir qui n'ont jusqu'ici été évoqués que dans les temps de conflits 
armés. 



Ce serment pris, j'assume sans hésiter la direction de la grande armée de 
notre peuple, consacrée à l'attaque de nos problèmes communs. 

Une action de cette nature, une action à cette fin est faisable par la forme 
de gouvernement que nous avons hérité de nos ancêtres. Notre Constitution est si 
simple, si pratique qu'il est toujours possible de répondre à des besoins 
extraordinaires en modifiant son ordre d'importance et son agencement sans en 
perdre la substance essentielle. C'est pourquoi notre système constitutionnel s'est 
imposé comme le plus superbement résistant des mécanismes politiques que le 
monde moderne ait connu. 

Il a été à la hauteur de toutes les tensions dues à de vastes expansions de 
territoire, aux guerres étrangères, à d'amers conflits internes, aux relations 
internationales. Et il est à espérer que l'équilibre normal des autorités législative 
et exécutive soit d'une parfaite égalité, et parfaitement adapté pour faire face à la 
tâche sans précédent qui nous attend. Mais il se peut qu'une exigence hors- 
normes ou un besoin immédiat d'action demande qu'on s'éloigne de cet équilibre 
normal de la procédure publique. 



Je suis préparé, soumis à mon devoir constitutionnel, à recommander les 
mesures que nécessite une nation accablée au milieu d'un monde sinistré. Ces 
mesures, ou des mesures similaires que le Congrès pourrait produire de son 
expérience et de sa sagesse, je ferai en sorte, dans les limites de mon autorité 
constitutionnelle, de les faire adopter rapidement. 

Mais, dans le cas où le Congrès échouerait à prendre l'une de ces deux 
voies, et dans le cas ou l'urgence nationale resterait critique, je n'hésiterai pas 
devant la route évidente du devoir auquel je ferai alors face. Je demanderai au 
Congrès le dernier instrument restant pour confronter la crise — la vaste 
puissance exécutive de mener la guerre contre l'urgence, aussi grande que la 
puissance qui me serait donnée si nous étions réellement envahis par un ennemi 
étranger. 



En échange de la confiance déposée en moi, je rendrai le courage et le 
dévouement qui conviennent à l'heure présente. Je ne peux faire moins. 

Nous faisons face aux jours difficiles qui nous attendent avec le 
chaleureux courage de l'unité nationale ; avec la claire conscience de rechercher 
de vieilles et précieuses valeurs morales ; avec la satisfaction claire provenant de 
l'accomplissement sérieux du devoir par l'âgé autant que par le jeune. Nous 
visons la sûreté d'une vie nationale complète et constante. 

Nous n'avons pas perdu foi dans le... le futur de l'indispensable 
démocratie. Le peuple des Etats-Unis n'a pas échoué. Dans le besoin ils ont 
déposé un mandat selon lequel ils veulent de l'action vigoureuse et directe. Ils 
ont demandé de la discipline et de la direction de leur dirigeant. Ils m'ont fait le 
présent instrument de leurs souhaits. Dans l'esprit de ce don, j'accepte. 



Dans cette consécration... Dans cette consécration d'une nation, nous 
demandons humblement la bénédiction de Dieu. 

Qu'Il nous protège tous et chacun d'entre nous. 

Qu'Il nous guide dans les jours à venir. 

Franklin Delano Roosevelt, 4 mars 1933 





sur l'activité bancaire 


Franklin Delano Roosevelt 
Le 12 mars 1933 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 


Mes amis, 

Je veux parler pendant quelques minutes avec le peuple des Etats-Unis de 
l'activité bancaire - avec ceux, relativement rares, qui en comprennent les 
mécanismes, mais plus particulièrement avec l'immense majorité qui n'utilise la 
banque que pour effectuer des dépôts et émettre des chèques. 

Je veux vous dire ce qui a été fait ces derniers jours, pour quelles raisons, 
et ce que seront les prochaines étapes. Je reconnais que les nombreuses 
proclamations issues des capitales* d'états et de Washington, la législation, les 
régulations du Trésor, etc., rédigées pour la plupart en termes bancaires et 
légaux, devraient être expliquées au profit du citoyen normal. Je le dois, en 
particulier en raison du courage et du bon tempérament avec lesquels tout le 
monde a accepté les inconvénients et les épreuves du congé bancaire. Je sais que 
lorsque vous comprendrez ce dont nous, à Washington, nous sommes occupés, je 
continuerai à bénéficier autant de votre entière coopération que de votre 
sympathie et de l’aide apportée au cours de la dernière semaine. 



Premièrement, permettez-moi de vous expliquer le simple fait que lorsque 
vous déposez de l'argent dans une banque, celle-ci ne le dépose pas dans un 
coffre fort. Elle l'investit sous différentes formes de crédits - obligations, titres de 
créances, hypothèques et nombreux autres types de prêts. En d'autres termes, la 
banque met votre argent au travail pour permettre aux rouages de l'industrie et de 
l'agriculture de continuer à tourner. Une petite portion de l'argent que vous 
déposez est conservée sous forme d'espèces - quantité qui, en temps normal, 
suffit largement à couvrir les besoins en liquide du citoyen ordinaire. Cela 
signifie que le montant total des espèces dans le pays n'est qu'une petite fraction 
de l'ensemble des dépôts de toutes les banques. 



Qu'est-il alors arrivé entre la fin février et les premiers jours de mars ? La 
perte de confiance de la part du public a entraîné une ruée générale vers les 
banques, dans le but de convertir les dépôts en espèces ou en or - une ruée si 
grande que les banques, même les plus saines, n'ont pu obtenir assez d'espèces 
pour satisfaire à la demande.La raison de cela est qu'il était évidemment 
impossible aux banques de vendre des actifs parfaitement sains et de les 
convertir en espèces, sauf à les vendre, sous la panique, à des prix largement 
inférieurs à leur valeur réelle. 

L'après-midi du 3 mars, il était impossible de trouver ne serait-ce qu'une 
banque ouverte dans tout le pays. Des décrets prononçant leur fermeture totale 
ou partielle avaient été annoncés par les gouverneurs d'à peu près tous les états. 



C'est alors que j'ai présenté le décret établissant le congé bancaire national, 
et cela fut le premier pas de la reconstruction par le gouvernement de notre 
structure économique et financière. 

La seconde étape fut la législation, votée rapidement et patriotiquement 
par le Congrès, confirmant mon décret et élargissant mes pouvoirs de sorte qu'il 
devint possible, du temps étant nécessaire, d'allonger ce congé puis de le 
supprimer graduellement. Cette loi donna aussi autorité pour développer un 
programme de réhabilitation de nos institutions bancaires. Je veux dire à nos 
citoyens, partout dans la nation, que le Congrès national - Républicains et 
Démocrates - a montré, par cette action, un dévouement à l'intérêt général et une 
conscience de l'urgence et de la nécessité d'aller vite à peu près sans équivalent 
dans notre histoire. 

Des séries de régulations permettant aux banques de poursuivre leurs 
fonctions pour maintenir la distribution de nourriture, des nécessités du foyer et 
le paiement des salaires ont constitué la troisième étape. 



Ce congé bancaire, quoique générant de grands inconvénients, nous offre 
l'opportunité de fournir les espèces nécessaires pour répondre à la situation. 
Aucune banque saine n'a perdu un seul dollar depuis sa fermeture lundi dernier. 
Il en est de même des banques qui pourraient ne pas être en position de rouvrir 
immédiatement. La nouvelle loi autorise les douze Banques de la Réserve 
Fédérale à émettre, sur des actifs solides, des espèces supplémentaires, de 
manière à ce que les banques qui rouvriront soient capables de satisfaire toute 
demande légitime. Les nouvelles espèces sont transportées depuis le Bureau de 
gravure et d'impression, en grande quantité, vers tous les points du pays. C'est 
une monnaie solide car elle s'appuie sur de bons et solides actifs. 

Vous allez dire : comment se fait-il que les banques ne rouvrent pas toutes 
en même temps ? La réponse est simple. Votre gouvernement n'a pas l'intention 
de voir se répéter l'histoire de ces dernières années. Nous ne voulons pas, et 
n'aurons pas, une nouvelle épidémie de faillites bancaires. 



En conséquence, nous allons commencer demain, lundi, par la réouverture 
de banques dans les douze villes où sont sises les Banques de la Réserve fédérale 
- les banques qui, après examen du Trésor, ont été constatées saines. Cela sera 
suivi, mardi, par le redémarrage de toutes les fonctions des banques solides, dans 
les villes où se trouvent des chambres de compensations accréditées. Ce qui 
signifie environ 250 villes. En d'autre termes, nous allons aussi vite que les 
mécanismes de la situation nous le permettent. 

Mercredi, et les jours suivants, les banques redémarreront leur activité 
partout ailleurs, sous réserve, bien sûr, que le gouvernement soit capable 
physiquement d'en achever l'examen. Il est nécessaire que la réouverture des 
banques soit étendue sur une période afin de permettre aux banques d'effectuer 
les demandes des prêts nécessaires, d'obtenir les espèces correspondant à leurs 
besoins, et pour que le gouvernement soit capable de faire les vérifications bien 
entendu évidentes. 



Que cela soit clair : si votre banque n'est pas ouverte le premier jour, 
n’allez pas imaginer que c’est définitif. Quel que soit le jour de sa réouverture, 
elle est exactement dans le même état que la banque qui ouvrira demain. 

Je sais que beaucoup de gens sont inquiets quant aux banques d'état qui ne 
sont pas membres du système de la Réserve fédérale. Ces banques peuvent 
recevoir, et recevront, l'assistance des banques membres et du Conseil de 
financement de la reconstruction. Elles bénéficieront du même traitement que les 
banques nationales, mais obtiendront l’autorisation de reprendre l'activité des 
autorités de l'état, sollicitées par le secrétaire au Trésor, afin de leur permettent 
de rouvrir selon le même calendrier que les banques nationales. Je crois 
sincèrement que les secrétariats des affaires bancaires des états seront aussi 
attentifs que le gouvernement national au sujet de la politique de réouverture des 
banques, et qu'ils en respecteront les principes. 



Il est probable qu’à l’ouverture des banques, un très petit nombre de gens, 
encore en proie à la panique, recommencent les retraits. Qu'il soit bien clair que 
les banques répondront à toutes les demandes, à l'exception, bien sûr, de celle de 
thésauriseurs hystériques - et je pense que la thésaurisation de la semaine passée 
est devenue, pour l'ensemble de la nation, un passe-temps totalement 
inapproprié. Il n'est point besoin de prophète pour vous expliquer que lorsque la 
population s'apercevra qu'elle peut obtenir son argent - qu'elle peut l'obtenir 
lorsqu'elle le veut pour tout besoin légitime - le fantôme de la peur sera 
rapidement vaincu. Les gens seront de nouveau satisfaits de savoir leur argent là 
où on en prendra soin et où ils pourront s'en servir à leur convenance. Je vous 
garanti qu'il est plus sûr de laisser votre argent dans une banque rouverte que 
sous le matelas. 

Le succès de l'ensemble de notre programme national repose, bien sûr, sur 
la coopération du public - sur son soutien éclairé et sur l'utilisation d'un système 
fiable. 



Gardez en mémoire que l'œuvre essentielle de la nouvelle législation est 
de donner aux banques la possibilité de convertir plus rapidement leurs actifs en 
liquidités qu'auparavant. Des dispositions plus souples ont été adoptées pour leur 
permettre d'emprunter - sur la base de ces actifs - aux banques de la Réserve, et à 
d'autres aussi, en vue d'émettre de la monnaie sur la valeur de ces bons actifs. 
Cette monnaie ne provient pas de nulle part. Elle n'est émise qu'en rapport avec 
des valeurs adéquates que toute banque solide possède en abondance. 

Un dernier point avant que je termine. Il y aura, bien sûr, quelques 
banques incapables de rouvrir sans être réorganisées. La nouvelle loi autorise le 
gouvernement à porter assistance en vue d’accélérer ces réorganisations et de les 
rendre plus efficaces, de même qu’à devenir propriétaire d'au moins une part du 
nouveau capital qu'il pourrait être nécessaire d'apporter. 



J'espère que vous percevez, à travers ce récit élémentaire de l'action de 
votre gouvernement, qu'il n'y a rien de complexe, rien d'extrême dans ce 
processus. 

Nous avions une mauvaise situation bancaire. Certains de nos banquiers se 
sont montrés soit incompétents soit malhonnêtes dans leur gestion des fonds de 
la population. Ils ont utilisé l'argent qui leur était confié pour spéculer et 
consentir des prêts imprudents. Il ne s’agissait pas de toutes nos banques, mais 
cela a été suffisant pour plonger le peuple dans un sentiment d'insécurité, et le 
mettre dans un état d'esprit tel qu'il ne fit plus la différence, mais pensa que les 
actes d'un petit nombre les rendait toutes suspectes. C'était le travail du 
gouvernement de remettre la situation en ordre le plus rapidement possible. C'est 
ce que nous sommes en train de faire. 

Je vous promets, non que toutes les banques ouvriront à nouveau ou que 
personne n'aura à subir de pertes, mais qu'il n'y aura aucune perte qu’il soit 
possible d’éviter ; et nous en aurions subi de pires si nous avions continué à 
dériver. Je peux même vous promettre le sauvetage de certaines des banques les 
plus gravement ébranlées. Nous nous activerons non seulement à rouvrir les 
banques saines, mais aussi à créer des banques saines par réorganisation. 



J'ai été émerveillé de sentir, partout dans le pays, votre confiance. Je ne 
pourrai jamais être suffisamment reconnaissant au peuple du soutien loyal qu'il 
m'a donné en acceptant le jugement qui a déterminé notre route, bien que tous 
nos processus ne lui aient pas toujours parus clairs. 

Après tout, il y a un élément dans le réajustement de notre système 
financier qui est plus important que la monnaie, plus important que l'or : c'est la 
confiance du peuple. Confiance et courage sont l'essence du succès dans la mise 
en œuvre de notre plan. Vous devez avoir foi ; vous ne devez pas vous laisser 
bousculer par des rumeurs ou des suppositions. Unissons-nous pour bannir la 
peur. Nous avons fourni la machinerie pour restaurer notre système financier ; il 
vous revient de lui apporter votre soutien et de le faire fonctionner. 



C'est votre problème, mes amis, votre problème autant que le mien. 
Ensemble, nous ne pouvons échouer. 



Franklin Delano Roosevelt. 12 mars 1933 


Capitoles : sièges des gouvernements d’états aux Etats-Unis 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 

http://www.larecherchedubonheur.com 

En anglais 

My friends: 

I want to talk for a few minutes with the people of the United States about 
banking — to talk with the comparatively few who understand the mechanics of 
banking, but more particularly with the overwhelming majority of you who use 
banks for the making of deposits and the drawing of checks. 

I want to tell you what has been done in the last few days, and why it was 
done, and what the next steps are going to be. I recognize that the many 
proclamations from State capitols and from Washington, the législation, the 
Treasury régulations, and so forth, couched for the most part in banking and 
legal terms, ought to be explained for the benefit of the average citizen. I owe 
this, in particular, because of the fortitude and the good temper with which 
everybody has accepted the inconvenience and hardships of the banking holiday. 
And I know that when you understand what we in Washington hâve been about, 
I shall continue to hâve your coopération as fully as I hâve had your sympathy 
and your help during the past week. 



First of ail, let me State the simple fact that when you deposit money in a 
bank, the bank does not put the money into a safe deposit vault. It invests your 
money in many different forms of crédit — in bonds, in commercial paper, in 
mortgages and in many other kinds of loans. In other words, the bank puts your 
money to work to keep the wheels of industry and of agriculture turning around. 
A comparatively small part of the money that you put into the bank is kept in 
currency — an amount which in normal times is wholly sufficient to cover the 
cash needs of the average citizen. In other words, the total amount of ail the 
currency in the country is only a comparatively small proportion of the total 
deposits in ail the banks of the country. 



What, then, happened during the last few days of February and the first few 
days of March? Because of undermined confidence on the part of the public, 
there was a general rush by a large portion of our population to turn bank 
deposits into currency or gold -- a rush so great that the soundest banks couldn't 
get enough currency to meet the demand. The reason for this was that on the 
spur of the moment it was, of course, impossible to sell perfectly sound assets of 
a bank and convert them into cash, except at panic prices far below their real 
value. By the afternoon of March third, a week ago last Friday, scarcely a bank 
in the country was open to do business. Proclamations closing them, in whole or 
in part, had been issued by the Governors in almost ail the States. It was then that 
I issued the proclamation providing for the national bank holiday, and this was 
the first step in the Government’s reconstruction of our financial and économie 
fabric. 



The second step, last Thursday, was the législation promptly and patriotically 
passed by the Congress confirming my proclamation and broadening my powers 
so that it became possible in view of the requirement of time to extend the 
holiday and lift the ban of that holiday gradually in the days to corne. This law 
also gave authority to develop a program of réhabilitation of our banking 
facilities. And I want to tell our citizens in every part of the Nation that the 
national Congress — Republicans and Democrats alike — showed by this action a 
dévotion to public welfare and a realization of the emergency and the necessity 
for speed that it is difficult to match in ail our history. 

The third stage has been the sériés of régulations permitting the banks to 
continue their functions to take care of the distribution of food and household 
necessities and the payment of payrolls. 



This bank holiday, while resulting in many cases in great inconvenance, is 
affording us the opportunity to supply the currency necessary to meet the 
situation. Remember that no sound bank is a dollar worse off than it was when it 
closed its doors last week. Neither is any bank which may turn out not to be in a 
position for immédiate opening. The new law allows the twelve Fédéral Reserve 
Banks to issue additional currency on good assets and thus the banks that reopen 
will be able to meet every legitimate call. The new currency is being sent out by 
the Bureau of Engraving and Printing in large volume to every part of the 
country. It is sound currency because it is backed by actual, good assets. 

Another question you will ask is this: Why are ail the banks not to be 
reopened at the same time? The answer is simple and I know you will 
understand it: Your Government does not intend that the history of the past few 
years shall be repeated. We do not want and will not hâve another épidémie of 
bank failures. 

As a resuit, we start tomorrow, Monday, with the opening of banks in the 
twelve Fédéral Reserve Bank cities — those banks, which on first examination by 
the Treasury, hâve already been found to be ail right. That will be followed on 
Tuesday by the resumption of ail other functions by banks already found to be 
sound in cities where there are recognized clearing houses. That means about 
two hundred and fifty cities of the United States. In other words, we are moving 
as fast as the mechanics of the situation will allow us. 



On Wednesday and succeeding days, banks in smaller places ail through the 
country will résumé business, subject, of course, to the Government's physical 
ability to complété its survey It is necessary that the reopening of banks be 
extended over a period in order to permit the banks to make applications for the 
necessary loans, to obtain currency needed to meet their requirements, and to 
enable the Government to make common sense checkups. 

Please let me make it clear to you that if your bank does not open the first 
day you are by no means justified in believing that it will not open. A bank that 
opens on one of the subséquent days is in exactly the same status as the bank that 
opens tomorrow. 



I know that many people are worrying about State banks that are not 
members of the Fédéral Reserve System. There is no occasion for that worry. 
These banks can and will receive assistance from member banks and from the 
Reconstruction Finance Corporation. And, of course, they are under the 
immédiate control of the State banking authorities. These State banks are 
following the same course as the National banks except that they get their 
licenses to résumé business from the State authorities, and these authorities hâve 
been asked by the Secretary of the Treasury to permit their good banks to open 
up on the same schedule as the national banks. And so I am confident that the 
State Banking Departments will be as careful as the national Government in the 
policy relating to the opening of banks and will follow the same broad theory. 

It is possible that when the banks résumé a very few people who hâve not 
recovered from their fear may again begin withdrawals. Let me make it clear to 
you that the banks will take care of ail needs, except, of course, the hysterical 
demands of hoarders, and it is my belief that hoarding during the past week has 
become an exceedingly unfashionable pastime in every part of our nation. It 
needs no prophet to tell you that when the people find that they can get their 
money — that they can get it when they want it for ail legitimate purposes -- the 
phantom of fear will soon be laid. People will again be glad to hâve their money 
where it will be safely taken care of and where they can use it conveniently at 
any time. I can assure you, my friends, that it is safer to keep your money in a 
reopened bank than it is to keep it under the mattress. 



The success of our whole national program dépends, of course, on the 
coopération of the public -- on its intelligent support and its use of a reliable 
System. 

Remember that the essential accomplishment of the new législation is that it 
makes it possible for banks more readily to convert their assets into cash than 
was the case before. More liberal provision has been made for banks to borrow 
on these assets at the Reserve Banks and more liberal provision has also been 
made for issuing currency on the security of these good assets. This currency is 
not fiat currency. It is issued only on adéquate security, and every good bank has 
an abundance of such security. 



One more point before I close. There will be, of course, some banks unable 
to reopen without being reorganized. The new law allows the Government to 
assist in making these reorganizations quickly and effectively and even allows 
the Government to subscribe to at least a part of any new capital that may be 
required. 

I hope you can see, my friends, from this essential récital of what your 
Government is doing that there is nothing complex, nothing radical in the 
process. 

We hâve had a bad banking situation. Some of our bankers had shown 
themselves either incompetent or dishonest in their handling of the people’s 
funds. They had used the money entrusted to them in spéculations and unwise 
loans. This was, of course, not true in the vast majority of our banks, but it was 
true in enough of them to shock the people of the United States, for a time, into a 
sense of insecurity and to put them into a frame of mind where they did not 
differentiate, but seemed to assume that the acts of a comparative few had 
tainted them ail. And so it became the Government’s job to straighten out this 
situation and do it as quickly as possible. And that job is being performed. 



I do not promise you that every bank will be reopened or that individual 
losses will not be suffered, but there will be no losses that possibly could be 
avoided; and there would hâve been more and greater losses had we continued to 
drift. I can even promise you salvation for some, at least, of the sorely presses 
banks. We shall be engaged not merely in reopening sound banks but in the 
création of more sound banks through reorganization. 



It has been wonderful to me to catch the note of confidence from ail over the 
country. I can never be sufficiently grateful to the people for the loyal support 
that they hâve given me in their acceptance of the judgment that has dictated our 
course, even though ail our processes may not hâve seemed clear to them. 

After ail, there is an element in the readjustment of our financial System 
more important than currency, more important than gold, and that is the 
confidence of the people themselves. Confidence and courage are the essentials 
of success in carrying out our plan. You people must hâve faith; you must not be 
stampeded by rumors or guesses. Let us unité in banishing fear. We hâve 
provided the machinery to restore our financial System, and it is up to you to 
support and make it work. 

It is your problem, my friends, your problem no less than it is mine. 

Together we cannot fail. 




Sur le New Deal 


Franklin Delano Roosevelt 
Le 7 mai 1933 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

« Un dimanche soir, une semaine après mon inauguration, j'empruntai la T. 
S. F. pour vous parler de la crise bancaire et des mesures que nous allions 
prendre pour y faire face. Je crois qu'en agissant de la sorte j'ai jeté de la clarté 
sur différents faits qui, autrement, auraient pu être mal interprétés; et, d'une 
manière générale, j'ai fait comprendre la situation au pays, ce qui a contribué, 
pour une grande part, au rétablissement de la confiance. 

« Ce soir, huit semaines plus tard, je viens, pour la seconde fois, vous faire 
mon rapport — dans le même esprit et de la même manière, — pour vous 
entretenir de ce que nous avons fait et de ce que nous avons l'intention de faire. 



« Il y a deux mois, nous nous trouvions en face de graves problèmes. Le pays 
tombait à la ruine, pouce par pouce. Il se mourait parce que le commerce et 
l'industrie étaient tombés à un niveau dangereusement bas; les prix de nos 
matières premières menaçaient de détruire la valeur de l'actif de nos 
établissements nationaux : banques, caisses d'épargne, compagnies d'assurance et 
autres instituts. Ces établissements, par suite de leurs besoins importants, 
opéraient des forclusions, réclamaient des emprunts, refusaient de faire crédit. Il 
en résulta donc en fait que des millions de personnes furent menacées de perdre 
leurs propriétés, puisqu'elles avaient emprunté de l'argent sur ces propriétés avec 
des dollars qui avaient eu une valeur totalement différente de celle de mars 1933. 
Cette situation ne nous permettait pas des considérations compliquées sur les 
panacées économiques ou de combiner des plans de fantaisie. Nous nous 
trouvions, non pas devant des théories mais devant une situation concrète. 



« Il n'y avait que deux solutions : la première consistait à suivre la même voie, à 
permettre les forclusions, le retrait du crédit et la thésaurisation, à amener ainsi la 
liquidation et la faillite des banques, des compagnies de chemins de fer et 
d'assurances jusqu'à la capitalisation de toute l'économie et de la propriété à un 
niveau inférieur. Cette solution signifiait la continuation de la campagne de 
déflation dont le résultat immédiat eût été une misère extraordinaire pour tous les 
possédants, et, par voie de conséquence, une misère immense pour tous les 
salariés en raison de l'accroissement du chômage et d'une nouvelle réduction de 
l'échelle des salaires. 

« Il est évident que cette solution n'aurait pas eu seulement des effets d'ordre 
économique très graves, mais aussi des conséquences d'ordre social qui auraient 
causé un mal énorme. Même avant mon accession au pouvoir, j'étais arrivé à la 
conclusion qu'une telle politique aurait fait supporter au peuple américain une 
charge trop lourde. Elle aurait entraîné, non seulement une nouvelle 
dévalorisation des richesses représentées par les maisons, fermes, économies et 
salaires, mais aussi des pertes d'ordre spirituel, la perte de ce sentiment de 
sécurité pour le présent et l'avenir, si nécessaire à la paix et à la satisfaction de 
l'individu et de sa famille. Si vous détruisez ces valeurs, vous trouverez 
difficilement le moyen de rétablir toute confiance dans l'avenir. Il était évident 
qu'il ne suffisait pas, pour arrêter cette course à la ruine, de lancer de Washington 
des appels à la confiance et de prêter des sommes d'argent plus considérables à 
des établissements craquant de toutes pans. Il me semblait non seulement 
légitime mais encore obligatoire pour la sécurité nationale d'appliquer le plus 
rapidement possible un programme précis. Le Congrès, et quand je dis le 
Congrès, je parle des membres des deux partis politiques, comprit très bien la 
situation et me donna un appui généreux et intelligent. Les membres du Congrès 
virent clairement que les méthodes des temps normaux devaient faire place, en 
période de crise, à des mesures adaptées aux nécessités graves et impérieuses du 
moment. Il n'y eut pas à proprement parler d'abandon du pouvoir, le Congrès 
conserva encore son autorité constitutionnelle, et personne n'a eu le moindre 
désir de changer l'équilibre politique. La fonction du Congrès est de décider les 
mesures à prendre et de choisir l'instrument de ses volontés. Il a suivi étroitement 
cette politique. La seule chose qui s'est passée fut qu'il désigna le Président pour 
exécuter certaines de ses mesures. C'était conforme à la constitution et à la 
tradition du peuple américain. 

« La législation qui a été votée ou qui est en voie d'être appliquée peut être 
raisonnablement considérée comme faisant partie d'un programme complet. 



« En premier lieu, nous fournissons du travail à 250.000 chômeurs, 
spécialement aux jeunes gens qui ont des charges. Ils se consacrent au 
reboisement et aux travaux contre les inondations. C'est une niche importante 
parce qu'elle comporte la nourriture, l'habillement et l'entretien d'un nombre de 
personnes, près de deux fois plus grand que celui des soldats de notre armée 
régulière. En créant ce corps civil, nous faisons d'une pierre deux coups. Nous 
rehaussons notablement la valeur de nos ressources naturelles et, d'autre part, 
nous soulageons un lot considérable de personnes qui se trouvent dans la 
détresse. Cet important groupe d'hommes s'est mis au travail volontairement; il 
n'est pas soumis à un règlement militaire, et nous conservons non seulement nos 
ressources naturelles mais encore nos ressources humaines. Un des grands 
mérites de ce travail est qu'il s'accomplit directement et ne nécessite pour ainsi 
dire pas l'intervention des machines. 



« En deuxième lieu, j'ai soumis à l'approbation du Congrès des mesures que, 
par la suite, j'ai fait appliquer, à savoir : l'exploitation des vastes propriétés du 
Gouvernement à Muscles Shoals que l'on a négligées pendant tant d'années de 
coûteuse inaction; en outre, j'ai proposé un plan d'ensemble pour l'aménagement 
d'une grande partie de la vallée du Tennessee. Ces mesures augmenteront le 
bien-être et le bonheur de centaines de milliers de gens, et leur effet bienfaisant 
se fera sentir à la nation tout entière. 

« Ensuite, le Congrès va voter une législation qui libérera, en grande partie, 
de la misère de l'hypothèque les fermiers et les petits propriétaires de la nation, 
ceci grâce à une disposition qui allégera le fardeau des dettes qui pèse si 
lourdement sur des millions de nos compatriotes. 



« Une autre mesure immédiate est l'octroi d'un demi-milliard de dollars aux 
Etats, cantons et municipalités afin qu'ils puissent pourvoir aux besoins de ceux 
à qui un secours formel et immédiat est indispensable. 

« Le Congrès a aussi voté une législation autorisant la vente de la bière dans 
les Etats qui le désiraient. Il en est déjà résulté une reprise considérable du 
travail et par suite un accroissement du rendement de l'impôt, dont le besoin se 
faisait vivement sentir. 

« Nous avons l'intention de demander au Congrès une législation qui 
permettra au Gouvernement d'entreprendre des travaux publics, ce qui 
provoquera ainsi directement et indirectement une reprise dans beaucoup 
d'autres domaines que nous avons soumis à un examen approfondi. 

« Une nouvelle législation a été promulguée qui pénètre plus avant dans nos 
problèmes économiques. La loi d'aide aux fermiers, le « Farm Relief Bill », 
cherche, par l'emploi de plusieurs méthodes isolées ou réunies, à accroître le 
rendement des principaux produits agricoles, tout en s'efforçant de prévenir la 
surproduction désastreuse qui, si souvent dans le passé, a fait tomber les prix à 
un niveau bien inférieur à un rapport rationnel. Cette mesure prévoit l'octroi de 
pouvoirs étendus dans les cas critiques. L'usage qu'on en fera, dépendra 
uniquement de ce que l'avenir nous réserve. 



« Nous proposerons également des mesures de sauvegarde mûrement 
réfléchies par quoi nous tenterons de donner des salaires plus équitables aux 
ouvriers de l'industrie du pays et d'empêcher la concurrence déloyale, de nous 
opposer aux trop longues semaines de travail et, en même temps, d'encourager 
toutes les industries à éviter la surproduction. 

« Notre loi sur les chemins de fer rentre dans la même catégorie; son objectif 
est de permettre aux chemins de fer, avec l'aide du Gouvernement, d'aménager et 
de mettre sur pied un plan bien arrêté qui supprimera les doubles emplois et les 
gaspillages, lesquels ont amené à l'heure actuelle la faillite de nombreux réseaux 
et des déficits continuels. 



« Je suis persuadé que les habitants de ce pays comprennent et approuvent 
les nouvelles mesures gouvernementales qui ont trait à l'agriculture, à l'industrie 
et aux moyens de transport. Notre production agricole dépassait notre 
consommation; nous nous trouvions devant des excédents que les autres nations 
ne pouvaient acheter qu'à des prix désastreusement bas. Nos usines étaient en 
mesure de fabriquer plus de produits que nous ne pouvions en consommer, et, en 
même temps, les demandes de l'étranger baissaient. Il se faisait que nous 
disposions de plus moyens de transport des marchandises et des récoltes que 
nous n'avions de marchandises et de récoltes à transporter. Cette situation était 
due en grande partie à un manque complet de plan général et à une 
incompréhension totale du danger qui n'avait cessé de flotter dans l'air depuis la 
fin de la guerre mondiale. Les habitants de ce pays ont été poussés à croire — 
mais c'était une erreur — qu'ils pourraient continuer à accroître indéfiniment la 
production agricole et industrielle et que je ne sais quel magicien trouverait le 
moyen d'écouler ces produits, tout en laissant au producteur des bénéfices 
raisonnables. 



« Aujourd'hui nous sommes fondés à croire que les choses vont un peu 
mieux qu'il y a deux mois. L'industrie a repris, les chemins de fer transportent 
plus de marchandises, les prix des produits agricoles se sont améliorés, mais je 
ne me laisserai pas aller à lancer des proclamations d'une confiance débordante 
d'enthousiasme. Nous ne pouvons pas crier de nouveau à la prospérité. 

« Je ne cesserai jamais d'être franc avec les habitants de ce pays. Je ne veux 
pas que mes compatriotes, à la faveur de cette amélioration, fassent déferler sur 
ce pays une nouvelle vague de spéculation. Je ne veux pas que l'on croie que, par 
suite d'un optimisme injustifié, nous pouvons reprendre le système désastreux de 
l'accroissement de notre production agricole et industrielle, dans l'espoir qu'une 
Providence bienveillante permettra de l'écouler à des prix élevés. Pareil système 
peut nous ramener une prospérité immédiate et factice, mais elle sera de ces 
prospérités qui nous conduiront à de nouveaux désastres. 



« On a bien tort de désigner les mesures que nous avons prises, sous le nom 
de contrôle gouvernemental de l'agriculture, de l'industrie et des transports. C'est 
plutôt une association entre le Gouvernement, d'une part, et l'agriculture, 
l'industrie et les transports d'autre part, non pas une association qui se partage les 
bénéfices, car les bénéfices iraient aux citoyens, mais plutôt une association qui 
conçoit les mêmes plans et veille à leur exécution. 

« Laissez-moi vous donner un exemple. Prenons l'industrie cotonnière. Selon 
toute probabilité, quatre-vingt-dix pour cent des fabricants de coton 
s'accorderaient pour supprimer les salaires de famine, les longues journées de 
travail, le travail de l'enfant; Ils s'accorderaient également pour empêcher une 
surproduction qui se traduit par des excédents invendables. Mais à quoi peut 
servir un tel accord si les dix autres pour cent des fabricants de coton donnent 
des salaires de famine, exigent de nombreuses heures de travail, emploient des 
enfants dans leurs usines et se livrent à une surproduction vexatoire? Par leurs 
agissements déloyaux, ces dix pour cent pourraient produire des marchandises à 
si bon marché que les quatre-vingt-dix pour cent des fabricants honnêtes en 
seraient réduits à adopter une ligne de conduite douteuse. C'est ici que le 
Gouvernement entre en jeu. Le Gouvernement, après s'être livré à une enquête 
sur une industrie et après avoir adopté un plan, devrait avoir le droit — et il 
l'aura — d'empêcher, avec l'aide de la grande majorité des membres de cette 
industrie, les agissements déloyaux. Les lois dites « antitrusts » avaient pour but 
d'empêcher la création des monopoles et d'interdire à ces monopoles de réaliser 
des bénéfices excessifs. On doit continuer à respecter le principe de ces lois, 
mais elles ne se proposèrent jamais d'encourager cette concurrence déloyale dont 
nous avons dit les méfaits. 



« Le même principe s'applique aux produits agricoles, aux moyens de 
transport et à tout autre domaine de l'industrie privée organisée. 



« Nous nous assignons un but précis, à savoir, empêcher le retour d'une 
situation qui fut à deux doigts de détruire ce qu'on appelle la civilisation 
moderne. Nous ne pouvons atteindre ce but en un jour. Nos mesures obéissent 
toutes à l'esprit du Gouvernement constitutionnel de l'Amérique, établi il y a cent 
cinquante ans. 

« Je sais que les habitants de ce pays s'en rendront compte et comprendront 
aussi dans quel esprit nous entreprenons cette politique. Je ne nie pas que nous 
ne puissions commettre des erreurs de procédure. Je ne m'attends pas à atteindre 
le but à chaque coup. Ce que je recherche, c'est d'atteindre le but le plus souvent 
possible, non seulement dans mon intérêt mais aussi dans celui de l'équipe. 
Théodore Roosevelt me dit un jour : « Si j'arrive à avoir raison soixante-quinze 
fois sur cent, j'aurai réalisé le summum de mes espérances. » 



« On a beaucoup parlé ces derniers temps des finances fédérales, de l'inflation, 
de l'étalon-or et d'autres choses encore. Permettez-moi de vous exposer les faits 
très simplement et de vous expliquer ma ligne de conduite. En premier lieu, le 
crédit gouvernemental et la monnaie gouvernementale ne sont vraiment qu'une 
seule et même chose. Derrière les bons gouvernementaux, il n'y a qu'une 
promesse de payement. Derrière la monnaie gouvernementale, il y a en outre, 
une réserve d'or et une petite réserve d'argent. A ce propos, il convient de 
rappeler que, jadis, le Gouvernement a consenti à convertir en or près de trente 
milliards de ses dettes et de sa monnaie et que des sociétés privées du pays ont 
consenti à convertir en or soixante ou soixante-dix milliards de dollars 
représentés par des titres et des hypothèques. Le Gouvernement et ces sociétés 
privées ont conclu ces accords en sachant pertinemment que les stocks d'or aux 
Etats-Unis n'étaient que de trois ou quatre milliards de dollars et que les stocks 
d'or mondiaux n'étaient que de onze milliards environ. 



« Si les détenteurs de bons commençaient à réclamer de l'or, les premiers 
arrivants auraient de l'or pendant quelques jours; leur nombre ne s'élèverait qu'à 
un vingt-cinquième des détenteurs de titres et de devises. Les vingt-quatre autres 
parties, qui ne sont pas arrivées en tête de file, se verraient dire poliment qu'il ne 
reste plus d'or. Nous avons décidé d'appliquer à tous le même traitement, dans 
l'intérêt de la justice, en vertu des pouvoirs constitutionnels de ce Gouvernement. 
Nous avons mis tout le monde sur le même pied, afin de sauvegarder le bien 
général. 

« Toutefois, l'or et, jusqu'à un certain point, l'argent peuvent servir de base 
très solide aux devises; c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de mettre 
l'embargo sur l'or de ce pays. 

« Il y a trois semaines, une série d'événements se sont produits qui auraient 
pu entraîner très rapidement, tout d'abord un grave épuisement des stocks d'or 
nationaux à l'étranger, en deuxième lieu, par voie de conséquence, une évasion à 
l'étranger des capitaux américains. Je n'exagère rien en vous disant que pareille 
occurrence aurait pu nous enlever la majeure partie de nos réserves d'or et 
entraîner un nouvel affaiblissement du crédit privé et gouvernemental, au point 
de semer la panique et d'arrêter totalement le fonctionnement de l'industrie. 



« Le Gouvernement a un but précis, c'est de faire monter les prix des 
matières premières à un niveau tel que les débiteurs pourront payer leurs dettes 
au moyen d'une devise d'une valeur égale à celle qui existait au moment où les 
emprunts ont été contractés. Nous n'avons pas l'intention de leur procurer un 
dollar à tellement bon marché qu'ils pourraient rembourser beaucoup moins 
qu'ils n'ont reçu. En d'autres termes, nous cherchons à corriger une erreur et non 
pas à créer des erreurs nouvelles dans un sens opposé. C'est pour cela que les 
pouvoirs nécessaires seront donnés au Gouvernement afin de procéder, si la 
situation l'exige, à l'élargissement des moyens de crédit. II sera fait usage de ces 
pouvoirs au moment donné, d'une manière définie, et, ai la situation l'exige, dans 
le dessein que je viens de préciser. 



«La situation mondiale suit un chemin parallèle à celui de la situation intérieure, 
laquelle, évidemment, nous intéresse en premier lieu. Je dois souligner le fait 
que la situation intérieure est nécessairement liée d'une manière étroite à celle de 
tous les autres pays. En d'autres termes, selon toutes probabilités, nous pourrons 
connaître, dans une large mesure, un retour de la prospérité dans notre pays, 
mais elle ne durera que si elle s'étend au monde entier. 

« Au cours des conférences que nous avons tenues et que nous tenons avec 
les chefs des autres pays, nous nous assignons quatre grands objectifs : tout 
d'abord, une réduction générale des armements, ce qui écartera la crainte de 
l'invasion et d'une attaque à main armée, en même temps une réduction des 
dépenses, de manière à équilibrer les budgets des gouvernements et à réduire les 
impôts; en deuxième lieu une suppression des barrières douanières, ce qui 
permettrait la reprise des échanges entre nations; en troisième lieu, la 
stabilisation des devises: de la sorte, le commerce pourra aller de l'avant; en 
quatrième lieu, le rétablissement des relations amicales et une plus grande 
confiance de pays à pays. 



« Durant ces trois semaines, nos visiteurs étrangers ont répondu dans un sens 
très favorable à l'énoncé de ces desseins. Toutes les nations ont souffert 
également de la crise. Toutes, elles ont abouti à la conclusion qu'une action 
générale est le plus conforme aux intérêts de chacune. C'est dans cet esprit que 
nos hôtes se sont joints à nous et ont discuté les problèmes qui nous sont 
communs. La Conférence internationale actuelle doit réussir. 

« L'avenir du monde l'exige; nous nous sommes tous engagés à unir nos 
efforts pour la faire réussir. 

« Envers vous, citoyens de ce pays, nous tous, membres du Congrès et 
membres du Gouvernement, nous avons contracté une profonde dette de 
reconnaissance. Durant toute la crise, vous avez fait preuve de résignation. Vous 
nous avez accordé des pouvoirs étendus; votre approbation généreuse nous a 
encouragés. Toutes nos forces, toutes les ressources dont nous disposions, nous 
les avons employées à justifier votre confiance. Nous sommes incités à penser 
qu'un premier pas, prudent et sensé, a été accompli. C'est dans cet esprit de 
confiance et d'encouragement réciproque que nous irons de l'avant. » 



Franklin Delano Roosevelt .7 mai 1933 


(Traduction de Pierre Dutray, extraite de l'ouvrage "Sur la bonne voie (On Our 
Way)" de F.D.R., 1934, éditions Denoël et Steele) 

Discours originaux dans le domaine public 


En anglais 


On a Sunday night a week after my inauguration I used the radio to tell you 
about the banking crisis and the measures we were taking to meet it. I think that, 
in that way, I made clear to the country various facts that might otherwise hâve 
been misunderstood and, in general, provided a means of understanding which 
did much to restore confidence. 

Tonight, eight weeks later, I corne for the second time to give you my report 
—in the same spirit and by the same means—to tell you about what we hâve 
been doing and what we are planning to do. 



Two months ago we were facing serious problems. The country was dying by 
inches. It was dying because trade and commerce had declined to dangerously 
low levels; prices for basic commodities were such as to destroy the value of the 
assets of national institutions such as banks, savings banks, insurance 
companies, and others. These institutions, because of their great needs, were 
foreclosing mortgages, calling loans, refusing crédit. Thus there was actually in 
process of destruction the property of millions of people who had borrowed 
money on that property in terms of dollars which had had an entirely different 
value from the level of March 1933. That situation in that crisis did not call for 
any complicated considération of économie panaceas or fancy plans. We were 
faced by a condition and not a theory. 

There were just two alternatives: The first was to allow the foreclosures to 
continue, crédit to be withheld and money to go into hiding, and thus forcing 
liquidation and bankruptcy of banks, railroads and insurance companies and a 
recapitalizing of ail business and ail property on a lower level. This alternative 
meant a continuation of what is loosely called “déflation,” the net resuit of which 
would hâve been extraordinary hardship on ail property owners and, incidentally, 
extraordinary hardships on ail persons working for wages through an increase in 
unemployment and a further réduction of the wage scale. 



It is easy to see that the resuit of this course would hâve not only économie 
effects of a very serious nature but social results that might bring incalculable 
harm. Even before I was inaugurated I came to the conclusion that such a policy 
was too much to ask the American people to bear. It involved not only a further 
loss of homes, farms, savings and wages but also a loss of spiritual values—the 
loss of that sense of security for the présent and the future so necessary to the 
peace and contentment of the individual and of his family. When you destroy 
these things you will find it difficult to establish confidence of any sort in the 
future. It was clear that mere appeals from Washington for confidence and the 
mere lending of more money to shaky institutions could not stop this downward 
course. A prompt program applied as quickly as possible seemed to me not only 
justified but impérative to our national security. The Congress, and when I say 
Congress I mean the members of both political parties, fully understood this and 
gave me generous and intelligent support. The members of Congress realized 
that the methods of normal times had to be replaced in the emergency by 
measures which were suited to the serious and pressing requirements of the 
moment. There was no actual surrender of power, Congress still retained its 
constitutional authority and no one has the slightest desire to change the balance 
of these powers. The function of Congress is to décidé what has to be done and 
to select the appropriate agency to carry out its will. This policy it has strictly 
adhered to. The only thing that has been happening has been to designate the 
President as the agency to carry out certain of the purposes of the Congress. This 
was constitutional and in keeping with the past American tradition. 



The législation which has been passed or in the process of enactment can 
properly be considered as part of a well-grounded plan. 



First, we are giving opportunity of employment to one-quarter of a million of the 
unemployed, especially the young men who hâve dependents, to go into the 
forestry and flood prévention work. This is a big task because it means feeding, 
clothing, and caring for nearly twice as many men as we hâve in the regular 
army itself. In creating this civilian conservation corps, we are killing two birds 
with one stone. We are clearly enhancing the value of our natural resources and, 
second, we are relieving an appréciable amount of actual distress. This great 
group of men hâve entered upon their work on a purely voluntary basis, no 
military training is involved, and we are conserving not only our natural 
resources but our human resources. One of the great values to this work is the 
fact that it is direct and requires the intervention of very little machinery. 

Second, I hâve requested the Congress and hâve secured action upon a 
proposai to put the great properties owned by our government at Muscle Shoals 
to work after long years of wasteful inaction, and with this a broad plan for the 
improvement of a vast area in the Tennessee Valley. 



It will add to the comfort and happiness of hundreds of thousands of people 
and the incident benefits will reach the entire nation. 

Next, the Congress is about to pass législation that will greatly ease the 
mortgage distress among the farmers and the homeowners of the nation by 
providing for the easing of the burden of debt now bearing so heavily upon 
millions of our people. 

Our next step in seeking immédiate relief is a grant of half a billion dollars to 
help the States, counties and municipalities in their duty to care for those who 
need direct and immédiate relief. 

The Congress also passed législation authorizing the sale of beer in such 
States as desired. This has already resulted in considérable reemployment and, 
incidentally, has provided much needed tax revenue. 



We are planning to ask the Congress for législation to enable the government 
to undertake public works, thus stimulating directly and indirectly the 
employment of many others in wellconsidered projects. 

Further législation has been taken up which goes much more fundamentally 
into our économie problems. The Farm Relief Bill seeks by the use of several 
methods, alone or together, to bring about an increased return to farmers for their 
major farm products, seeking at the same time to prevent in the days to corne 
disastrous over-production which so often in the past has kept farm commodity 
prices far below a reasonable return. This measure provides wide powers for 
emergencies. The extent of its use will dépend entirely upon what the future has 
in store. 

Well-considered and conservative measures will likewise be proposed which 
will attempt to give to the industrial workers of the country a more fair wage 
return, prevent cut-throat compétition and unduly long hours for labor, and at the 
same time to encourage each industry to prevent over-production. 



Our Railroad Bill falls into the same class because it seeks to provide and 
make certain definite planning by the railroads themselves, with the assistance of 
the government, to eliminate the duplication and waste that is now resulting in 
railroad receiverships and continuing operating déficits. 

I am certain that the people of this country understand and approve the broad 
purposes behind these new governmental policies relating to agriculture and 
industry and transportation. We found ourselves faced with more agricultural 
products than we could possibly consume ourselves and surpluses which other 
nations did not hâve the cash to buy from us except at prices ruinously low. We 
hâve found our factories able to turn out more goods than we could possibly 
consume, and at the same time we were faced with a falling export demand. We 
found ourselves with more facilities to transport goods and crops than there were 
goods and crops to be transported. Ail of this has been caused in large part by a 
complété lack of planning and a complété failure to understand the danger 
signais that hâve been flying ever since the close of the World War. The people 
of this country hâve been erroneously encouraged to believe that they could keep 
on increasing the output of farm and factory indefinitely and that some magician 
would find ways and means for that increased output to be consumed with 
reasonable profit to the producer. 



Today we hâve reason to believe that things are a little better than they were 
two months ago. 

Industry has picked up, railroads are carrying more freight, farm prices are 
better, but I am not going to indulge in issuing proclamations of over enthusiastic 
assurance. We cannot bally-ho ourselves back to prosperity. I am going to be 
honest at ail times with the people of the country. I do not want the people of this 
country to take the foolish course of letting this improvement corne back on 
another spéculative wave. I do not want the people to believe that because of 
unjustified optimism we can résumé the ruinous practice of increasing our crop 
output and our factory output in the hope that a kind providence will find buyers 
at high prices. Such a course may bring us immédiate and false prosperity, but it 
will be the kind of prosperity that will lead us into another tailspin. 



It is wholly wrong to call the measure that we hâve taken government control 
of farming, control of industry, and control of transportation. It is rather a 
partnership between government and farming and industry and transportation, 
not partnership in profits, for the profits would still go to the citizens, but rather 
a partnership in planning and partnership to see that the plans are carried out. 

Let me illustrate with an example. Take the cotton goods industry. It is 
probably true that 90 percent of the cotton manufacturers would agréé to 
eliminate starvation wages, would agréé to stop long hours of employment, 
would agréé to stop child labor, would agréé to prevent an overproduction that 
would resuit in unsalable surpluses. But what good is such an agreement if the 
other ten per cent of cotton manufacturers pay starvation wages, require long 
hours, employ children in their mills, and turn out burdensome surpluses? The 
unfair 10 percent could produce goods so cheaply that the fair 90 percent would 
be compelled to meet the unfair conditions. Here is where government cornes in. 
Government ought to hâve the right and will hâve the right, after surveying and 
planning for an industry to prevent, with the assistance of the overwhelming 
majority of that industry, unfair practice and to enforce this agreement by the 
authority of government. The so-called anti-trust laws were intended to prevent 
the création of monopolies and to forbid unreasonable profits to those 
monopolies. That purpose of the anti-trust laws must be continued, but these 
laws were never intended to encourage the kind of unfair compétition that results 
in long hours, starvation wages, and overproduction. 



The same principle applies to farm products and to transportation and every 
other field of organized private industry. 



We are working toward a definite goal, which is to prevent the return of 
conditions which came very close to destroying what we call modem 
civilization. The actual accomplishment of our purpose cannot be attained in a 
day. Our policies are wholly within purposes for which our American 
Constitutional government was established 150 years ago. 

I know that the people of this country will understand this and will also 
understand the spirit in which we are undertaking this policy. I do not deny that 
we may make mistakes of procedure as we carry out the policy. I hâve no 
expectation of making a hit every time I corne to bat. What I seek is the highest 
possible batting average, not only for myself but for the team. Théodore 
Roosevelt once said to me: “If I can be right 75 percent of the time I shall corne 
up to the fullest measure of my hopes.” Much has been said of late about Fédéral 
finances and inflation, the gold standard, etcetera. Let me make the facts very 
simple and my policy very clear. In the first place, government crédit and 
government currency are really one and the same thing. Behind government 
bonds there is only a promise to pay. Behind government currency we hâve, in 
addition to the promise to pay, a reserve of gold and a small reserve of silver. In 
this connection it is worth while remembering that in the past the government 
has agreed to redeem nearly thirty billions of its debts and its currency in gold, 
and private corporations in this country hâve agreed to redeem another sixty or 
seventy billions of securities and mortgages in gold. The government and private 
corporations were making the se agreements when they knew full well that ail of 
the gold in the United States amounted to only between three and four billions 
and that ail of the gold in ail of the world amounted to only about eleven 
billions. 



If the holders of these promises to pay started in to demand gold, the first 
comers would get gold for a few days and they would amount to about one 
twenty-fifth of the holders of the securities and the currency. The other twenty- 
four people out of twenty-five, who did not happen to be at the top of the line, 
would be told politely that there was no more gold left. We hâve decided to treat 
ail twenty-five in the same way in the interest of justice and the exercise of the 
constitutional powers of this government. We hâve placed every one on the same 
basis in order that the general good may be preserved. 



Nevertheless, gold, and to a partial extent silver, are perfectly good bases for 
currency and that is why I decided not to let any of the gold now in the country 
go out of it. 

A sériés of conditions arose three weeks ago which very readily might hâve 
meant, first, a drain on our gold by foreign countries, and secondly, as a resuit of 
that, a flight of American capital, in the form of gold, out of our country. It is not 
exaggerating the possibility to tell you that such an occurrence might well hâve 
taken from us the major part of our gold reserve and resulted in such a further 
weakening of our government and private crédit as to bring on actual panic 
conditions and the complété stoppage of the wheels of industry. 

The Administration has the definite objective of raising commodity prices to 
such an extent that those who hâve borrowed money will, on the average, be able 
to repay that money in the same kind of dollar which they borrowed. We do not 
seek to let them get such a cheap dollar that they will be able to pay back a great 
deal less than they borrowed. In other words, we seek to correct a wrong and not 
to create another wrong in the opposite direction. That is why powers are being 
given to the Administration to provide, if necessary, for an enlargement of crédit, 
in order to correct the existing wrong. These powers will be used when, as, and 
if it may be necessary to accomplish the purpose. 



Hand-in-hand with the domestic situation which, of course, is our first 
concern, is the world situation, and I want to emphasize to you that the domestic 
situation is inevitably and deeply tied in with the conditions in ail of the other 
nations of the world. In other words, we can get, in ail probability, a fair measure 
of prosperity return in the United States, but it will not be permanent unless we 
get a return to prosperity ail over the world. 



In the conférences which we hâve held and are holding with the leaders of other 
nations, we are seeking four great objectives. First, a general réduction of 
armaments and through this the removal of the fear of invasion and armed 
attack, and, at the same time, a réduction in armament costs, in order to help in 
the balancing of government budgets and the réduction of taxation. 

Secondly, a cutting down of the trade barriers, in order to re-start the flow of 
exchange of crops and goods between nations. Third, the setting up of a 
stabilization of currencies, in order that trade can make contracts ahead. Fourth, 
the reestablishment of friendly relations and greater confidence between ail 
nations. 

Our foreign visitors these past three weeks hâve responded to these purposes 
in a very helpful way. Ail of the nations hâve suffered alike in this Great 
Dépréssion. They hâve ail reached the conclusion that each can best be helped 
by the common action of ail. It is in this spirit that our visitors hâve met with us 
and discussed our common problems. The international conférence that lies 
before us must succeed. The future of the world demands it and we hâve each of 
us pledged ourselves to the best joint efforts to this end. 



To you, the people of this country, ail of us, the members of the Congress 
and the members of this Administration, owe a profound debt of gratitude. 
Throughout the Dépréssion you hâve been patient. You hâve granted us wide 
powers, you hâve encouraged us with a widespread approval of our purposes. 
Every ounce of strength and every resource at our command we hâve devoted to 
the end of justifying your confidence. We are encouraged to believe that a wise 
and sensible beginning has been made. In the présent spirit of mutual confidence 
and mutual encouragement we go forward. 



Le Plan de Redressement 


Réflexions sur les Cent Jours 
Franklin Delano Roosevelt 
Le 24 juillet 1933 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

Où le président Roosevelt, après avoir mis les banques en banqueroute et 
en redressement judiciaire, après avoir repris le contrôle de la monnaie par les 
lois sur les métaux précieux et avoir rendu la prééminence au Congrès sur la 
Réserve Fédérale pour l'émission monétaire, explique sa politique de relance 
économique appuyée sur le développement de la consommation intérieure par la 
réflation monétaire dirigée vers de grands travaux, vers la réorganisation agricole 
et vers la relance industrielle - laquelle se fera principalement par le biais 
d'avancées sociales historiques qui inspireront plus tard Léon Blum. 

De l'autre côté de l'atlantique, la terreur s'est installée en Allemagne, où le 
docteur Hjalmar Schacht, protégé du dirigeant de la banque d'Angleterre 
Montagu Norman, pilote la politique économique de Hitler et du nouveau Illème 
Reich en infligeant au peuple la disparition des libertés publiques, la destruction 
de la protection sociale, l'euthanasie, et en lançant l'industrie allemande dans la 
course aux armements (ce qui donnera une impression de relance temporaire) en 
vue de la seconde guerre mondiale. 



Ainsi, Franklin Delano Roosevelt démontre en 1933 par les premières réussite 
du New Deal que les politiques d'austérité sont des impasses, alors qu'en Europe 
s'installent les fascismes nécessaires au durcissement de l'austérité déflationniste 
exigée par les maîtres britanniques de l'étalon-or et mis en oeuvre par les 
banques centrales européennes et par les complices de l'Empire dans les nations. 

Bref, la BCE et les dictatures financières qui viennent de s'installer en 
Grèce, en Italie et bientôt sur la péninsule ibérique, voire en France, suivent ou 
vont suivre, toutes, la voie qui mena dans les années trente au fascisme 
économique génocidaire et à la guerre d'extermination - qui n'est que la 
perfection de la politique d'austérité réclamée par l'Empire en faillite. 



Il est temps, pour la France, Pour l'Europe, que se prépare et s'organise une 
union résistante des patriotes, prête à en découdre et à battre en brèche la menace 
existentielle qui est déjà à notre porte, et qui provient, comme en 1907, comme 
en 1929, du même ventre : la City de Londres et son empire financier. 

« Depuis l'ajournement de la session extraordinaire du Congrès, session 
historique, il y a de cela cinq semaines, je me suis abstenu de propos délibéré de 
m'adresser à vous pour deux excellentes raisons : 

« Tout d'abord, je pense que nous désirions tous réfléchir à notre aise pour 
examiner et nous assimiler, par l'esprit, les événements multiples des cent 
journées qui avaient été consacrées à donner le branle au fonctionnement du « 
New Deal ». 

« En deuxième lieu, j'avais besoin de quelques semaines pour organiser la 
nouvelle machine administrative et pour voir les premiers fruits de notre plan 
mûrement réfléchi. 



« Je crois que cela vous intéressera de m'entendre exposer les principes 
fondamentaux de mon plan de restauration nationale, afin que vous puissiez vous 
convaincre que tous les projets et toutes les mesures législatives adoptés depuis 
le 4 mars, loin d'être une collection de projets hasardeux, prennent place chacun 
dans un ensemble cohérent et logique. 

« Longtemps avant le jour de l'inauguration, j'avais acquis la conviction 
que tout effort individuel, local et même fédéral s'il n'était pas coordonné avec 
les autres, avait échoué et échouerait nécessairement et que, par conséquent, un 
vaste programme dirigé par le gouvernement fédéral, s'imposait dans la pratique 
comme dans la théorie. Il fallait avant tout maintenir et fortifier le crédit du 
gouvernement des Etats-Unis, condition sine qua non du succès de cette 
politique. Depuis des années, le gouvernement n'avait pu vivre de ses revenus. 
Nous devions donc ramener immédiatement les dépenses gouvernementales aux 
limites de ses ressources. C'est ce qu'on a fait. 



« Il peut paraître peu sérieux qu'un gouvernement réduise ses dépenses 
ordinaires et en même temps prête et dépense des milliards pour l'exécution de 
mesures exceptionnelles. Mais il n'y a là aucune contradiction, car une grande 
partie de cet argent a été fourni par de solides emprunts qui seront remboursés au 
Trésor au cours d'une période de plusieurs années, et pour couvrir le restant de 
cet argent, nous avons levé des impôts qui paieront les intérêts et rembourseront 
le capital par fractions. 

« Vous pouvez voir ainsi que nous avons conservé notre crédit intact. Nous 
avons jeté des fondations de granit en une période de confusion. Le crédit fédéral 
s'appuie sur une base vaste et sûre. Sur elle repose tout le plan de redressement 
national. 

« Une autre partie du plan concernait le crédit des particuliers. Vous 
connaissez aussi bien que moi la crise bancaire et le grand danger qui menaçait 
les épargnes de nos citoyens. Le 6 mars, toutes les banques nationales étaient 
fermées. Un mois plus tard les déposants pouvaient disposer des quatre-vingt-dix 
pour cent des dépôts effectués dans les banques nationales. Aujourd'hui cinq 
pour cent seulement des dépôts dans les banques nationales restent gelés. La 
situation des banques d'Etat, bien qu'elle ne repose pas sur un pourcentage tout à 
fait aussi bon, montre cependant une réduction continuelle des crédits gelés. La 
situation est bien meilleure qu'on ne pouvait l'espérer, il y a trois mois. 



« Le problème du crédit des individus était beaucoup plus difficile, du fait 
d'une monnaie mal adaptée: le dollar n'avait plus la même valeur qu'au moment 
où ils avaient contractés leurs dettes. Aussi un nombre considérable de gens 
perdaient-ils la possession de leurs fermes et de leurs immeubles, ainsi que tout 
droit sur ces biens. Vous connaissez tous les mesures financières qui ont été 
prises pour remédier à ce défaut d'adaptation. Outre la loi de prêt sur les 
immeubles, on adopta les lois sur l'emprunt agricole et la banqueroute. 



« Ce fut une nécessité vitale de rétablir le pouvoir d'achat par la réduction 
du fardeau des dettes et des intérêts qui pesait sur nos concitoyens; mais, tandis 
que nous aidions le peuple à sauver son crédit, il n'était pas moins essentiel, en 
même temps, de subvenir aux besoins de centaines de milliers de personnes qui, 
à ce moment même, étaient dans la pire détresse. L'Etat et les municipalités 
étaient sur le point de cesser leur secours. Nous votâmes pour les aider un budget 
d'un demi-milliard de dollars; en outre, comme vous le savez, le programme de 
reboisement, les mesures préventives contre les inondations et l'érosion du sol 
ont donné un travail pratique et utile à trois cent mille jeunes gens. Les salaires 
qu'ils gagnent, servent en grande partie à venir en aide à près d'un million de 
personnes qui constituent leurs familles. 

Dans la même catégorie, nous pouvons ranger à bon droit le grand 
programme de travaux publics pour lequel on a avancé plus de trois milliards de 
dollars. Il nous faut insister sur deux points qui concernent l'exécution de ces 
projets — en premier lieu, nous apporterons toute notre attention à choisir un 
travail fécond, d'une portée immédiate, des projets utiles, qui ne sentent pas la 
cuisine électorale; en second lieu, nous espérons que, grâce à ces projets qui 
après quelques années rapporteront par eux-mêmes, plus de la moitié de cet 
argent rentrera dans les caisses du gouvernement. 



« Jusqu'ici j'ai parlé des fondations, des mesures indispensables pour 
rétablir le crédit, pour orienter le peuple dans une nouvelle direction, en 
secourant les individus en détresse et en leur donnant, grâce à une action 
gouvernementale, le plus de travail possible. 

« Maintenant, j'en viens aux mesures prises pour orienter définitivement le 
pays vers la prospérité. J'ai affirmé que nous ne pourrons y arriver dans un pays 
où une partie des habitants vit dans le luxe, et l'autre dans la misère. Si tous nos 
concitoyens ont du travail, des salaires et des bénéfices justes, ils pourront 
acheter les produits de leurs voisins, et les affaires marcheront. Mais si vous 
enlevez les salaires et les bénéfices à la moitié d'entre eux, l'affaire ne marchera 
qu'à moitié. Peu importe qu'une partie soit très prospère: ce qu'il faut c'est une 
prospérité raisonnable pour chacun. 



« Depuis beaucoup d'années, les deux grandes barrières qui s'opposent à 
une prospérité normale, sont la dépréciation des produits agricoles et le chômage 
qui paralyse la nation. Ces deux maux ont réduit de moitié le pouvoir d'achat du 
pays. J'ai promis de prendre des mesures. Le Congrès a pris sa part, lorsqu'il a 
voté le « Farm Act » (loi agricole) et l'« Industrial Recovery Act » (loi de 
redressement industriel). Aujourd'hui nous mettons ces deux lois à pied d'oeuvre 
: elles produiront des résultats si le peuple comprend clairement les objectifs 
qu'elles s'assignent. 

« En premier lieu le « Farm Act »: il se base sur le fait que le pouvoir 
d'achat de près de la moitié de notre population dépend du juste prix des produits 
agricoles. Nous avons eu des produits en beaucoup plus grand nombre que nous 
n'en consommons ou pouvons en écouler sur un marché mondial effondré. Pour 
remédier à cette situation, il faut réduire la production. Sans notre aide les 
fermiers ne peuvent s'entendre pour la réduire. Le « Farm Bill » (loi d'aide aux 
fermiers) leur donne un système qui leur permettra de ramener leur production à 
un niveau raisonnable et d'obtenir des prix raisonnables pour leurs récoltes. Je 
n'ai pas contesté le caractère expérimental de ces mesures mais jusqu'ici nous 
avons raison de croire qu'elles produiront de bons résultats. 



« II est évident que, si nous pouvons augmenter sensiblement le pouvoir 
d'achat de dizaines de millions de nos concitoyens qui vivent du fermage et de la 
répartition des produits agricoles, nous augmenterons considérablement la vente 
des produits industriels. 

« Cela me permet d'en venir à la mesure finale, qui ramènera l'industrie 
dans des voies saines. 

« L'automne dernier, à plusieurs reprises, j'ai affirmé avec force que, si 
l'industrie suit une discipline démocratique librement consentie, la réduction des 
heures de travail et l'augmentation des salaires permettront aux ouvriers 
d'acheter le produit de leur travail et de s'en servir. Cela ne peut se faire que si 
nous permettons et si nous encourageons une action de coopération entre 
industriels car il est évident que, sans une unité d'action, un petit nombre 
d'hommes égoïstes, dans tout groupe rival, payera des salaires de famine et 
exigera de longues heures de travail. Les autres ne pourront que les suivre ou 
fermer boutique. Nous avons vu les résultats de cette politique qui, depuis quatre 
ans, nous a entraînés de plus en plus vers l'enfer économique. 



« Il y a un moyen sûr de renverser cette situation: Si tous les patrons, dans 
tous les groupes rivaux, consentent à payer à leurs ouvriers les mêmes salaires 
— des salaires raisonnables — et s'ils exigent le même nombre d'heures — un 
nombre raisonnable — alors l'augmentation des salaires et la réduction des 
heures de travail ne léseront aucun patron. En outre cette situation est préférable 
pour le patron au chômage et à des bas salaires, car elle augmente le nombre 
d'acheteurs de ses produits C'est cette idée si simple qui est à la base du 
programme de restauration nationale. 



« C'est sur cette idée de collaboration, que nous entreprîmes la lutte contre 
le chômage. Elle réussira si dans les grandes industries, dans les petites 
boutiques, dans les grandes villes et les petits villages, on en comprend la 
nécessité. Il n'y a là rien de compliqué ni de particulièrement nouveau. Cette idée 
n'est que l'application du principe général suivant lequel dans une société ou 
dans une nation, des individus groupés peuvent réaliser ce qu'aucun individu 
agissant en isolé ne pourrait même espérer d'exécuter. 

« Voici un exemple. Nous avons constaté dans le code de l'industrie 
cotonnière et dans d'autres accords déjà signés, l'abolition du travail des enfants. 
Je me sens personnellement plus heureux de ce résultat que de tous les autres 
que j'ai obtenus depuis mon arrivée à Washington. Dans l'industrie textile — 
industrie dont les membres m'offrirent spontanément leur concours dans un geste 
magnifique dès que la loi de redressement industriel fut signée — le travail des 
enfants était un de ces maux qui existait depuis de longues années. Mais aucun 
patron agissant seul, n'avait pu le faire disparaître. Si un patron ou si un Etat s'y 
attaquait, les frais que représentait cet effort atteignaient un chiffre si 
considérable qu'il devenait impossible de rivaliser avec les patrons ou les Etats 
qui n'avaient pas participé à cette tentative. Il a suffi de cette loi de redressement 
industriel pour abolir cette chose monstrueuse. Si je vous cite cet exemple, ce 
n'est pas pour en tirer vanité mais pour vous mettre sur la voie d'efforts même 
plus grands de collaboration que vous aurez à tenter cet hiver et cet automne. 



« Nous ne devons pas traverser un autre hiver semblable à celui que nous 
venons de passer. Je ne crois pas qu'un peuple ait jamais supporté avec tant de 
courage et tant de bonne humeur une saison même à moitié aussi dure. Nous ne 
pouvons pas demander à l'Amérique de continuer à souffrir de telles misères. Le 
moment est venu d'entreprendre une action courageuse. La loi sur le 
redressement industriel nous donne le moyen de vaincre le chômage avec les 
armes mêmes que nous avons utilisées pour abolir le travail des enfants. 



« Nous avons envoyé à tous les patrons un projet d'accord qui est le 
résultat de plusieurs semaines de délibérations. Il s'oppose à presque tous les 
codes précédents des grandes industries. Ce code passe-partout a reçu 
l'approbation unanime des trois comités que j'ai chargés de l'étudier, comités qui 
représentent les grands chefs de l'industrie, du travail et des services sociaux. De 
tous les Etats, affluent des marques d'approbation, ainsi que d'un si grand 
nombre d'industriels que je puis assurer qu'il convient à tous. C'est un plan — 
mûrement réfléchi, raisonnable et juste — qui a pour but de mettre 
immédiatement en oeuvre les plus importants des principes généraux que les 
codes établissent d'industrie à industrie. Naturellement, il faudra bien du travail 
d'organisation, bon nombre de séances et de mois avant d'achever et de signer 
ces codes; d'autre part, nous ne pouvons attendre la mise en oeuvre de tous ces 
codes. Toutefois le projet que j'envoie à tous les patrons, permettra la mise en 
marche du programme non pas dans six mois, mais dès maintenant. 



« II y a évidemment un petit nombre de gens, qui pourraient, dans un but 
égoïste, s'opposer à ce grand plan d'intérêt général. La loi, dans ce cas, prévoit 
des sanctions. Mais maintenant, je fais appel à la coopération des esprits et des 
coeurs. Ce sont les seuls instruments que nous emploierons cet été dans notre 
grande offensive contre le chômage. Mais nous les emploierons jusqu'à l'extrême 
limite pour protéger contre les obstructionnistes ceux qui adhèrent au plan. 

« En temps de guerre, dans l'obscurité des attaques de nuit, les soldats 
portent à l'épaule un insigne brillant qui empêche leurs camarades de faire feu 
sur eux. De même ceux qui coopèrent à notre programme doivent se reconnaître 
à un simple coup d'oeil. Voilà pourquoi nous avons songé à un insigne d'honneur, 
un simple dessin portant la devise: « Nous prenons notre part ». Je demande à 
tous ceux qui se joignent à moi d'étaler bien en vue cet insigne. C'est essentiel à 
notre dessein. 



« Déjà toutes les grandes industries m'ont proposé des codes qui 
souscrivent aux principes tendant à la reprise massive du travail. Mais quelque 
importante que soit cette manifestation de sympathie, le terrain le plus propice 
pour obtenir des résultats se trouve parmi ces petits patrons qui emploient de une 
à dix personnes. Ces petits employeurs sont en effet une partie vitale, la moelle 
du pays; le succès de nos plans repose en grande partie entre leurs mains. 

« Déjà les télégrammes et les lettres affluent à la Maison Blanche — 
messages de patrons qui demandent qu'on inscrive leurs noms sur le tableau 
d'honneur. Ils représentent de grandes sociétés, compagnies, corporations et des 
individus. J'invite tous les employeurs qui ne l’ont pas encore fait, à m'envoyer 
ou me télégraphier personnellement à la Maison Blanche, et ce sans délai, leur 
adhésion à mon plan. Je veux faire afficher dans chaque bureau de poste de 
chaque ville un tableau d'honneur portant les noms de ceux qui se joindront à 
moi. 



« Je désire profiter de cette occasion pour dire aux vingt-quatre 
gouverneurs qui sont maintenant réunis en conférence à San-Francisco que, plus 
que toute autre mesure, le message unanime qu'ils ont adopté au début de la 
conférence et dans lequel ils promettent l'appui immédiat de leur Etat, a 
profondément encouragé ce grand mouvement. 

« Aux hommes et aux femmes dont la crainte du chômage assombrissait 
les jours, je puis maintenant adresser une parole d'encouragement, car les codes 
et les accords qui ont déjà été approuvés ou qui vont être adoptés, amèneront 
l'augmentation des salaires et remettront le peuple au travail. Tout patron qui 
adopte le plan remplit, croyez-le, son rôle, et mérite bien de quiconque travaille 
pour vivre. Vous comprendrez tout comme moi que si un patron refuse de suivre 
ce plan et vend ses produits à plus bas prix que son concurrent, c'est au détriment 
de la prospérité du pays, qu'il réalise cette économie. 

« Lorsque mourut Andrew Jackson, quelqu'un demanda: « au ciel? » et 
l'on répondit: « II ira s'il le veut ». Si l'on me demande si le peuple américain 
parviendra à sortir de la crise, je répondrai: « Oui, s'il le veut ». L'essence du 
plan est la limitation de la semaine de travail par un accord général et le 
payement d'un salaire juste par un accord général également. Je ne puis garantir 
le succès de ce plan national, mais le peuple peut le garantir. Je ne crois pas aux 
remèdes universels mais je crois pouvoir exercer une forte influence sur les 
forces économiques. Je n'ai aucune sympathie pour les économistes 
professionnels qui veulent laisser les choses suivre leur cours, et qui prétendent 
que l'homme ne peut rien faire contre les maux économiques, parce qu'ils ont 
changé tous les cinq ou dix ans leurs théories sur les lois économiques, mais j'ai 
gardé ma foi dans la force de l'intérêt commun et dans la force de l'action unifiée 
du peuple américain. 



« Voilà pourquoi je vous expose le but et les idées qui sont à la base de 
notre programme de restauration nationale. Voilà pourquoi je prie les patrons de 
la nation de signer avec moi cette charte commune — de la signer au nom du 
patriotisme et de l'humanité. Voilà pourquoi je demande aux travailleurs de 
collaborer avec nous dans un esprit d'entente et d'aide mutuelle. » 



Franklin Delano Roosevelt. 24 juillet 1933 


(Traduction de Pierre Dutray, extraite de l'ouvrage "Sur la bonne voie (On Our 
Way)" de F.D.R., 1934, éditions Denoël et Steele) 

Discours originaux dans le domaine public 


En anglais 


After the adjournment of the historical spécial session of the Congress five 
weeks ago I purposely refrained from addressing you for two very good reasons. 

First, I think that we ail wanted the opportunity of a little quiet thought to 
examine and assimilate in a mental picture the crowding events of the hundred 
days which had been devoted to the starting of the wheels of the New Deal. 

Secondly, I wanted a few weeks in which to set up the new administrative 
organization and to see the first fruits of our careful planning. 



I think it will interest you if I set forth the fundamentals of this planning for 
national recovery; and this I am very certain will make it abundantly clear to you 
that ail of the proposais and ail of the législation since the fourth day of March 
hâve not been just a collection of haphazard schemes but rather the orderly 
component parts of a connected and logical whole. 

Long before Inauguration Day I became convinced that individual effort and 
local effort and even disjointed Fédéral effort had failed and of necessity would 
fail and, therefore, that a rounded leadership by the Fédéral Government had 
become a necessity both of theory and of fact. Such leadership, however, had its 
beginning in preserving and strengthening the crédit of the United States 
Government, because without that no leadership was a possibility. For years the 
Government had not lived within its income. The immédiate task was to bring 
our regular expenses within our revenues. That has been done. It may seem 
inconsistent for a government to eut down its regular expenses and at the same 
time to borrow and to spend billions for an emergency. But it is not inconsistent 
because a large portion of the emergency money has been paid out in the form of 
sound loans which will be repaid to the Treasury over a period of years; and to 
cover the rest of the emergency money we hâve imposed taxes to pay the interest 
and the installments on that part of the debt. 



So you will see that we hâve kept our crédit good. We hâve built a granité 
foundation in a period of confusion. That foundation of the Fédéral crédit stands 
there broad and sure. It is the base of the whole recovery plan. 

Then came the part of the problem that concerned the crédit of the individual 
citizens themselves. You and I know of the banking crisis and of the great danger 
to the savings of our people. On March sixth every national bank was closed. 
One month later 90 per cent of the deposits in the national banks had been made 
available to the depositors. Today only about 5 per cent of the deposits in 
national banks are still tied up. The condition relating to State banks, while not 
quite so good on a percentage basis, is shoving a steady réduction in the total of 
frozen deposits — a resuit much better than we had expected three months ago. 



The problem of the crédit of the individual was made more difficult because 
of another fact. The dollar was a different dollar from the one with which the 
average debt had been incurred. For this reason large numbers of people were 
actually losing possession of and title to their farms and homes. Ail of you know 
the financial steps which hâve been taken to correct this inequality. In addition 
the Home Loan Act, the Farm Loan Act and the Bankruptcy Act were passed. 

It was a vital necessity to restore purchasing power by reducing the debt and 
interest charges upon our people, but while we were helping people to save their 
crédit it was at the same time absolutely essential to do something about the 
physical needs of hundreds of thousands who were in dire straits at that very 
moment. Municipal and State aid were being stretched to the limit. We 
appropriated half a billion dollars to supplément their efforts and in addition, as 
you know, we hâve put 300,000 young men into practical and useful work in our 
forests and to prevent flood and soil érosion. The wages they eam are going in 
greater part to the support of the nearly one million people who constitute their 
families. 



In this same classification we can properly place the great public works 
program running to a total of over Three Billion Dollars — to be used for 
highways and ships and flood prévention and inland navigation and thousands of 
self-sustaining State and municipal improvements. Two points should be made 
clear in the allotting and administration of these projects — first, we are using the 
utmost care to choose labor creating quick-acting, useful projects, avoiding the 
smell of the pork barrel; and secondly, we are hoping that at least half of the 
money will corne back to the government from projects which will pay for 
themselves over a period of years. 



Thus far I hâve spoken primarily of the foundation stones — the measures that 
were necessary to re-establish crédit and to head people in the opposite direction 
by preventing distress and providing as much work as possible through 
governmental agencies. Now I corne to the links which will build us a more 
lasting prosperity. I hâve said that we cannot attain that in a nation half boom 
and half broke. If ail of our people hâve work and fair wages and fair profits, 
they can buy the products of their neighbors and business is good. But if you 
take away the wages and the profits of half of them, business is only half as 
good. It doesn't help much if the fortunate half is very prosperous — the best way 
is for everybody to be reasonably prosperous. 

For many years the two great barriers to a normal prosperity hâve been low 
farm prices and the creeping paralysis of unemployment. These factors hâve eut 
the purchasing power of the country in half. I promised action. Congress did its 
part when it passed the farm and the industrial recovery acts. Today we are 
putting these two acts to work and they will work if people understand their 
plain objectives. 



First, the Farm Act: It is based on the fact that the purchasing power of nearly 
half our population dépends on adéquate prices for farm products. We hâve been 
producing more of some crops than we consume or can sell in a depressed world 
market. The cure is not to produce so much. Without our help the farmers cannot 
get together and eut production, and the Farm Bill gives them a method of 
bringing their production down to a reasonable level and of obtaining reasonable 
prices for their crops. I hâve clearly stated that this method is in a sense 
experimental, but so far as we hâve gone we hâve reason to believe that it will 
produce good results. 

It is obvious that if we can greatly increase the purchasing power of the tens 
of millions of our people who make a living from farming and the distribution of 
farm crops, we will greatly increase the consumption of those goods which are 
turned out by industry. 

That brings me to the final step — bringing back industry along sound lines. 



Last Autumn, on several occasions, I expressed my faith that we can make 
possible by démocratie self-discipline in industry general increases in wages and 
shortening of hours sufficient to enable industry to pay its own workers enough 
to let those workers buy and use the things that their labor produces. This can be 
done only if we permit and encourage cooperative action in industry because it is 
obvious that without united action a few selfish men in each compétitive group 
will pay starvation wages and insist on long hours of work. Others in that group 
must either follow suit or close up shop. We hâve seen the resuit of action of that 
kind in the continuing descent into the économie Hell of the past four years. 

There is a clear way to reverse that process: If ail employers in each 
compétitive group agréé to pay their workers the same wages — reasonable 
wages — and require the same hours — reasonable hours — then higher wages and 
shorter hours will hurt no employer. Moreover, such action is better for the 
employer than unemployment and low wages, because it makes more buyers for 
his product. That is the simple idea which is the very heart of the Industrial 
Recovery Act. 



On the basis of this simple principle of everybody doing things together, we 
are starting out on this nationwide attack on unemployment. It will succeed if 
our people understand it — in the big industries, in the little shops, in the great 
cities and in the small villages. There is nothing complicated about it and there is 
nothing particularly new in the principle. It goes back to the basic idea of society 
and of the nation itself that people acting in a group can accomplish things which 
no individual acting alone could even hope to bring about. 

Here is an example. In the Cotton Textile Code and in other agreements 
already signed, child labor has been abolished. That makes me personally 
happier than any other one thing with which I hâve been connected since I came 
to Washington. In the textile industry — an industry which came to me 
spontaneously and with a splendid coopération as soon as the recovery act was 
signed, — child labor was an old evil. But no employer acting alone was able to 
wipe it out. If one employer tried it, or if one State tried it, the costs of operation 
rose so high that it was impossible to compete with the employers or States 
which had failed to act. The moment the Recovery Act was passed, this 
monstrous thing which neither opinion nor law could reach through years of 
effort went out in a flash. As a British éditorial put it, we did more under a Code 
in one day than they in England had been able to do under the common law in 
eighty-five years of effort. I use this incident, my friends, not to boast of what 
has already been done but to point the way to you for even greater cooperative 
efforts this Summer and Autumn. 



We are not going through another Winter like the last. I doubt if ever any 
people so bravely and cheerfully endured a season half so bitter. We cannot ask 
America to continue to face such needless hardships. It is time for courageous 
action, and the Recovery Bill gives us the means to conquer unemployment with 
exactly the same weapon that we hâve used to strike down Child Labor. 



The proposition is simply this: 


If ail employers will act together to shorten hours and raise wages we can put 
people back to work. No employer will suffer, because the relative level of 
compétitive cost will advance by the same amount for ail. But if any 
considérable group should lag or shirk, this great opportunity will pass us by and 
we will go into another desperate Winter. This must not happen. 

We hâve sent out to ail employers an agreement which is the resuit of weeks 
of consultation. This agreement checks against the voluntary codes of nearly ail 
the large industries which hâve already been submitted. This blanket agreement 
carries the unanimous approval of the three boards which I hâve appointed to 
advise in this, boards representing the great leaders in labor, in industry and in 
social service. The agreement has already brought a flood of approval from 
every State, and from so wide a cross-section of the common calling of industry 
that I know it is fair for ail. It is a plan —deliberate, reasonable and just — 
intended to put into effect at once the most important of the broad principles 
which are being established, industry by industry, through codes. Naturally, it 
takes a good deal of organizing and a great many hearings and many months, to 
get these codes perfected and signed, and we cannot wait for ail of them to go 
through. The blanket agreements, however, which I am sending to every 
employer will start the wheels turning now, and not six months from now. 



There are, of course, men, a few of them who might thwart this great 
common purpose by seeking selfish advantage. There are adéquate penalties in 
the law, but I am now asking the coopération that cornes from opinion and from 
conscience. These are the only instruments we shall use in this great summer 
offensive against unemployment. But we shall use them to the limit to protect 
the willing from the laggard and to make the plan succeed. 

In war, in the gloom of night attack, soldiers wear a bright badge on their 
shoulders to be sure that comrades do not fire on comrades. On that principle, 
those who cooperate in this program must know each other at a glance. That is 
why we hâve provided a badge of honor for this purpose, a simple design with a 
legend. "We do our part," and I ask that ail those who join with me shall display 
that badge prominently. It is essential to our purpose. 



Already ail the great, basic industries hâve corne forward willingly with 
proposed codes, and in these codes they accept the principles leading to mass 
reemployment. But, important as is this heartening démonstration, the richest 
field for results is among the small employers, those whose contribution will 
give new work for from one to ten people. These smaller employers are indeed a 
vital part of the backbone of the country, and the success of our plans lies largely 
in their hands. 

Already the telegrams and letters are pouring into the White House — 
messages from employers who ask that their names be placed on this spécial 
Roll of Honor. They represent great corporations and companies, and 
partnerships and individuals. I ask that even before the dates set in the 
agreements which we hâve sent out, the employers of the country who hâve not 
already done so — the big fellows and the little fellows — shall at once write or 
telegraph to me personally at the White House, expressing their intention of 
going through with the plan. And it is my purpose to keep posted in the post 
office of every town, a Roll of Honor of ail those who join with me. 



I want to take this occasion to say to the twenty-four governors who are now 
in conférence in San Francisco, that nothing thus far has helped in strengthening 
this great movement more than their resolutions adopted at the very outset of 
their meeting, giving this plan their instant and unanimous approval, and 
pledging to support it in their States. 

To the men and women whose lives hâve been darkened by the fact or the 
fear of unemployment, I am justified in saying a word of encouragement because 
the codes and the agreements already approved, or about to be passed upon, 
prove that the plan does raise wages, and that it does put people back to work. 
You can look on every employer who adopts the plan as one who is doing his 
part, and those employers deserve well of everyone who works for a living. It 
will be clear to you, as it is to me, that while the shirking employer may 
undersell his competitor, the saving he thus makes is made at the expense of his 
country's welfare. 



While we are making this great common effort there should be no discord 
and dispute. This is no time to cavil or to question the standard set by this 
universal agreement. It is time for patience and understanding and coopération. 
The workers of this country hâve rights under this law which cannot be taken 
from them, and nobody will be permitted to whittle them away, but, on the other 
hand, no aggression is now necessary to attain those rights. The whole country 
will be united to get them for you. The principle that applies to the employers 
applies to the workers as well, and I ask you workers to cooperate in the same 
spirit. 

When Andrew Jackson, "Old Hickory," died, someone asked, "Will he go to 
Heaven?" and the answer was, "He will if he wants to." If I am asked whether 
the American people will pull themselves out of this dépréssion, I answer, " 
They will if they want to." The essence of the plan is a universal limitation of 
hours of work per week for any individual by common consent, and a universal 
payment of wages above a minimum, also by common consent. I cannot 
guarantee the success of this nationwide plan, but the people of this country can 
guarantee its success. I hâve no faith in "cure-ails" but I believe that we can 
greatly influence économie forces. I hâve no sympathy with the professional 
economists who insist that things must run their course and that human agencies 
can hâve no influence on économie ills. One reason is that I happen to know that 
professional economists hâve changed their définition of économie laws every 
five or ten years for a very long time, but I do hâve faith, and retain faith, in the 
strength of common purpose, and in the strength of unified action taken by the 
American people. 



That is why I am describing to you the simple purposes and the solid 
foundations upon which our program of recovery is built. That is why I am 
asking the employers of the Nation to sign this common covenant with me -- to 
sign it in the name of patriotism and humanity. That is why I am asking the 
workers to go along with us in a spirit of understanding and of helpfulness. 




Contre les holdings 


Discours de Roosevelt 

Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 
http://www.larecherchedubonheur.com 

"Les compagnies Holdings ont été la cause de maux très graves qui doivent 
disparaître, si nous voulons avancer dans les différentes branches de l'activité 
commerciale. La forme de la Compagnie Holding est telle qu'elle se prête aux 
combinaisons secrètes, frauduleuses et aux mauvaises gestions. Elle est, en 
principe, une super-société, artificielle, destinée à donner une consigne 
commune à des affaires plus ou moins apparentées. Certaines remplissent ces 
conditions, honnêtement et avec profit pour tous ceux qui y participent; 
malheureusement, les tentations sont trop grandes et d'autres abusent de la 
concentration de pouvoirs financiers entre les mains de quelques individus, pour 
servir des intérêts purement égoïstes. 

Ces compagnies avaient été créées par des groupes entreprenants, elles 
donnaient un pouvoir plus étendu d'administration, facilitaient les combinaisons 
de vente ou de financement entre les sociétés, rendaient facile l'écoulement des 
valeurs. Le public fut pris au mirage et confondit grandeur avec honnêteté. 



Dans le passé, les besoins urgents de notre industrie pouvaient justifier la 
création des compagnies holding, mais les irrégularités insolentes et les pertes 
gigantesques qui se sont produites, appellent un contrôle serré. 

Auparavant, les grandes industries étaient dirigées par leurs propriétaires. 
Aujourd'hui, il en est autrement ; les actions des sociétés sont entre les mains du 
public qui ne manifeste pas la moindre curiosité de connaître les usines ou les 
bureaux des affaires dans lesquelles il a investi ses capitaux. Il n'a aucun 
sentiment de la fierté que donne le sens de la propriété ou de l’association dans 
une entreprise dont les produits sont les fruits de son travail et de son 
intelligence. Le contrôle est dans des mains anonymes, et souvent même, assuré 
par une autre société détenant la majorité des actions. 

Quand les affaires se développèrent au point de ne pouvoir être administrées 
par un seul individu, les Conseils d'administration considérèrent les intérêts 
qu'ils géraient comme autant de gages avec lesquels ils pouvaient spéculer; ils 
devinrent trop souvent le fief de quelques puissants seigneurs, dans lequel le 
petit actionnaire n’avait pas droit au chapitre. On oublia qu’un porteur de dix 
actions possédait le droit de demander une gestion efficace et honnête autant que 
le porteur de mille titres. 



Des ressources plus vastes étant nécessaires, les banquiers en profitèrent; de 
nombreux financiers sans scrupule ne s’occupèrent que de la vente des titres sans 
s'inquiéter de la marche des sociétés. Plus ils vendaient, plus ils gagnaient; 
malgré cela, ils inventaient des procédés et des excuses pour des lancements 
toujours nouveaux. 

La tragédie et la désillusion d’aujourd'hui sont la conséquence inévitable de 
ce contrôle conjoint par le monde des affaires la finance ; les résultats que nous 
voyons n’auraient pas eu lieu sans cette collusion qui a annihilé toute moralité, 
en respectant, peut-être, la lettre de la loi. La Commission fédérale de l’industrie 
peut fournir avec une évidence incontestable des faits, des chiffres, des cas 
précis de vols, de renseignements erronés, de corruption et d'abus de ventes de 
titres. Des directeurs sans conscience, signaient des contrats illégaux pour leur 
profit, beaucoup plus que pour celui de la Société qui, grassement, les payait, 
recevaient des émoluments fantastiques pour des soi-disant services rendus à 
titre d'experts, avaient pour principe de cacher ce qui se passait à l'intérieur de 
leur Société. Comptes truqués, dissimulation d’actifs, confusion délibérément 
créée par d’innombrables accords entre compagnies, enquêtes arrêtées au de 
procédés retors, mais légaux, ne sont qu'une partie des abus qu’on peut leur 
reprocher. 



Quel recours pouvait avoir le petit actionnaire, même s'il avait connaissance de 
ces trafics? 

Si, au nom de la morale, on demandait à ces gens-là : « Que pense votre 
conscience de ces procédés ? », ils répondraient : « l'essentiel pour nous est de ne 
pas contrevenir à la loi» ou bien « Combien de temps avons-nous encore pour 
continuer ces opérations ? » Ainsi, ces compagnies holding, qui affectaient par 
leurs manœuvres le bien-être et le bonheur de milliers d'hommes et de femmes, 
étaient le plus souvent conduites et inspirées par des considérations les plus 
viles. Nous devons, en conséquence, faire la lumière sur ces agissements pour 
que, une fois le public au courant, de telles irrégularités ne puissent plus se 
produire. 



Nous devons avoir un système uniforme de comptabilité. 

Les actionnaires, dûment représentés, doivent avoir le droit, à tout moment, 
d'examiner la copie des délibérations du Conseil, les contrats de chaque 
Compagnie avec ses directeurs ou administrateurs ou avec d'autres compagnies. 
Les noms de chaque actionnaire avec le nombre d'actions possédées par lui, doit 
pouvoir être connu. Les irrégularités cesseraient automatiquement si les 
directeurs savaient qu'ils sont surveillés. 

Les exploitations financières, sans frein ni contrôle, ont été une des causes 
principales de la tragique condition ou nous nous trouvons. Les consolidations, 
les fusions inutiles ont jeté des milliers de gens dans la rue. Le public est en droit 
d'avoir confiance dans les méthodes et dans les hommes qui manient les 
capitaux. Nous sommes à même de la lui redonner, en nettoyant la maison et en 
la tenant propre. 



Au risque de me répéter, j’aimerais exprimer ce que j'ai déjà à dit : « Si nous 
devons restreindre les opérations du spéculateur, du manipulateur et du financier, 
c'est pour protéger l'individualisme et non pour l'entraver. » Ceux qui assurent le 
contrôle des grandes combinaisons industrielles et financières, doivent donner 
satisfaction aux exigences du public. Ils n'ont pas voulu être des hommes 
d'affaires, mais des « princes de la propriété ». Nous rappellerons qu'ils doivent 
assumer avec compétence les responsabilités inhérentes à leur position, travailler 
pour le bien commun et non pour eux-mêmes. Ils doivent à l'occasion sacrifier 
leur propre intérêt pour le bénéfice tous. 

C'est alors que le Gouvernement entre en jeu. Quand le « requin », le 
concurrent sans moralité, le lanceur d'affaires sans pondération, un Ishmael ou 
un Insull refusent de se plier aux méthodes saines qui assurent le bien-être des 
masses et menacent de conduire l'industrie à l'anarchie, le Gouvernement doit 
prendre immédiatement les mesures propres à faire cesser cet état de choses". 



L'âme et la foi d'un pays 


Voici un très beau discours de Franklin Delano Roosevelt. Ceux, qui comme 
moi, n'ont connu que Mitterrand et Chirac ont du mal à imaginer qu'il n'y a pas si 
longtemps des hommes politiques courageux prononçaient des discours qui 
avaient du sens et qui pouvaient inspirer. C'est pourquoi je tente sur ce blog de 
publier régulièrement des discours de grands hommes politiques. Il est encore 
temps de découvrir et de s'inspirer de Jaurès, de Gaulle, Mendes, Roosevelt, 
Luther King, Lumumba ou même Lincoln... non? 



Discours de Roosevelt 


Discours originaux dans le domaine public 

Traductions de Jean-Gabriel Mahéo en Licence Creative Common by 

http://www.larecherchedubonheur.com 

A chaque jour inaugural depuis 1789 le peuple a retrouvé son esprit de 
sacrifice envers les Etats-Unis. 

Au Jour Inaugural de Washington, le devoir du peuple était de créer une 
nation et de s'unifier. 

Au Jour Inaugural de Lincoln, le devoir du peuple était de sauver l'unité de la 
nation d'un péril intérieur. 

En ce jour, le devoir du peuple est de sauver l'unité de la nation et ses 
institutions d'un péril extérieur. 

Le moment est venu pour nous de nous arrêter un instant au milieu du cours 
rapide des événements et de faire notre bilan, nous rappeler quelle a été notre 
place dans l'histoire, redécouvrir ce que nous sommes et ce que nous pouvons 
être. Si nous ne le faisons pas, nous courrons le réel péril de l'inaction. 



La vie des nations n'est pas déterminée par le nombre des années, mais par la 
vitalité de l'esprit humain. La vie d'un homme est de 70 ans, un peu plus, un peu 
moins. La vie d'une nation est la force de sa volonté à vivre. 

Il y a des hommes qui en doutent. Il y a des hommes qui croient que la 
démocratie comme forme de gouvernement et comme forme de vie est limitée 
ou mesurée par une sorte de destin secret et artificiel, -que, pour une raison 
inexpliquée, la tyrannie et l'esclavage sont la vague montante de l'avenir - et que 
la liberté est une marée descendante. 

Mais nous, Américains, savons que ce n'est pas vrai. 

Il y a huit ans, quand la vie de cette République semblait paralysée par une 
terreur mortelle, nous avons prouvé que cela n'était pas vrai. Nous étions dans 
l'étourdissement d'un choc, mais nous avons agi. Nous avons agi vite, avec 
audace, et d'une manière décisive. 

Ces dernières années ont été des années actives, des années fructueuses, pour 
le peuple de cette démocratie, car elles nous ont apporté une plus grande 
sécurité, et, je l'espère, une meilleure compréhension de ce que les buts de la vie 
ne peuvent s'évaluer en mesures matérielles. 



Cette expérience d'une démocratie qui a survécu à une crise intérieure, qui a 
rejeté bien des choses mauvaises, qui a construit de nouveaux cadres sur des 
plans durables, et qui, à travers tout cela, a maintenu la démocratie, est 
absolument vitale pour notre présent et notre avenir. 

En effet, tout a été fait dans le cadre de la séparation des trois pouvoirs de la 
Constitution des Etats-Unis. Les branches coordonnées du Gouvernement 
continuent à fonctionner librement; la Déclaration des Droits demeure inviolée. 
La liberté du vote est complètement maintenue. Les prophètes du déclin de la 
démocratie ont vu leurs sinistres prédictions réduites à néant. 

La démocratie n'agonise pas. Nous le savons, car nous l'avons vue renaître et 
gagner du terrain. Nous savons qu'elle est immortelle, car elle repose sur 
initiative d'hommes et de femmes réunis dans une tâche collective - une tâche 
entreprise et menée à bien par la libre expression d'une libre majorité. 



Nous le savons, parce que la démocratie, seule de toutes les formes de 
gouvernement, utilise la pleine force de la volonté éclairée des hommes. 

Nous le savons, parce que la démocratie a construit une civilisation sans 
limite, susceptible de progrès indéfini dans l'amélioration des conditions de vie. 

Nous le savons, car si nous regardons au fond des choses, nous voyons 
qu'elle continue à s'étendre sur chaque continent, car elle est là plus humaine et 
la plus moderne, et en réalité, la moins attaquable de toutes les formes de société 
humaine. 

Une nation, comme une personne, a un corps, un corps qui doit être nourri, 
vêtu et logé, entraîné et reposé, d'une façon adaptée aux buts de notre époque. 

Une nation, comme une personne, a un esprit, un esprit qui doit être informé 
et tenu en alerte, qui doit avoir conscience de lui-même, connaître les espoirs et 
les besoins de ses voisins, - tous les autres pays qui vivent dans un monde qui va 
se rétrécissant -. 

Et une nation, comme une personne, a quelque chose de plus profond, 
quelque chose de plus durable, quelque chose de plus que la somme de tous ses 
composants, et c'est ce quelque chose qui importe le plus pour l'avenir, qui 
demande la protection sacrée de son présent. C'est quelque chose qu'il est 
difficile, presque impossible de désigner par un seul, un simple mot; et 
cependant, nous comprenons tous ce qu'elle est -l'âme -la foi de l'Amérique. 
C'est le produit des siècles. Elle est née au milieu des foules de ceux qui - venus 
de bien des pays - les uns de classe élevée, mais pour la plupart des gens simples 
- ont cherché ici, il y a longtemps et récemment, la liberté plus librement. 



L'aspiration à la démocratie n'est pas une nouveauté dans l'histoire humaine, c'est 
cette histoire elle même. Elle imprégnait la des populations primitives, elle 
flamboyait à nouveau au Moyen-Age et elle fut inscrite dans la Grande Charte. 

Aux Amériques, son impulsion a été irrésistible. L'Amérique a été le 
Nouveau Monde dans toutes les langues, non pas parce que ce continent a été 
une terre nouvellement découverte, mais parce que tous ceux qui sont venus ici 
croyaient créer sur ce continent une vie nouvelle - une vie qui serait nouvelle par 
la liberté. 



Sa vitalité était inscrite dans notre propre Pacte de Mayflower, dans la 
Déclaration d'indépendance, dans la Constitution des Etats-Unis et dans le 
Discours de Gettysburg. 

Ceux qui sont venus les premiers ici pour atteindre les buts de leurs désirs et 
les millions qui les ont suivis, et la race qui en est issue, n'ont pas cessé 
d'avancer constamment et conséquemment vers un idéal qui, lui-même, a gagné 
du terrain, en taille et en précision, à chaque génération. 




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by Luca Calcinai